
Février 1916
J’ai lu dans la Revue Hebdomadaire sous la signature de Henri Massis, une Vie de Psichari fort intéressante et pleine d’une foi profonde et sans ambages. Ce retour à une foi franchement déclarée est bien remarquable et donne de beaux espoirs.
Du reste, Psichari écrivait à Henry Bordeaux : « Une, deux générations peuvent oublier la foi, se rendre coupables de tous les abandons, de toutes les ingratitudes. Mais il faut bien, à l’heure marquée, que la chaîne soit reprise et que la petite lampe vacillante brûle de nouveau dans la maison. »
Madame Vitard remarquait de son côté que, depuis la guerre, moult officiers de sa connaissance, à peine ou point pratiquants, avaient bien changé. Dans leur affreux camp de Silésie, le colonel Vitard et ses compagnons se faisaient dire la messe par un prêtre allemand. Dans leur station de la Suisse allemande protestante, ils font encore venir chaque dimanche un officiant catholique. On m’a parlé aussi d’un autre camp de prisonniers, où nos soldats français ont édifié eux-mêmes une très vaste chapelle où, à toute heure du jour, on trouve des orants prosternés.
L’Illustration qui a diffusé le Voyage d’un Centurion dans son numéro de Noël a tiré à plus de 400.000 exemplaires.
Mais pourquoi Psichari voulait-il se faire Dominicain ? Cela me chiffonne un peu. Il est vrai qu’il était encore hésitant et que ces libérâtres évolueront peut-être aussi…

"Ce siècle qui se dit athée ne l'est point. Il est autothée, ce qui est un bien jolie mot, et bien de son temps. Il s'est littéralement fait son propre Dieu, et sur ce point il y a une croyance ferme. Il y était conduit d'ailleurs inévitablement. Puisqu'il était conduit irrévocablement à faire, à créer un deuxième monde, une deuxième création qui était l'imitation, la reproduction, la répétition, le recommencement exact du premier, il était conduit par suite et encore plus irrévocablement pour ainsi dire ensemble à faire aussi, à faire logiquement avant, à créer un Créateur, un deuxième Créateur (...)."
Charles Péguy

Zentropa
A force de se gonfler de l’air du temps et de ses clinquantes superficialités, l’individu moderne s’est peu à peu transformé en une gigantesque baudruche de vanité.
Pensant « mériter », croyant « avoir droit », il se pose comme centre et finalité du monde.
Tellement persuadé que son existence est digne du plus grand intérêt, il passe ses journées à exposer l’interminable suite de piteuses banalités qui la compose sur tous les supports d’expression mis à la disposition de son incontinence narcissique, à commencer bien sûr par internet.
Facebook ou quand chacun devient le paparazzi de sa propre insignifiance.
- « Moi aussi, je me soûle en boite de nuit comme Paris Hilton, il n’y a pas de raison que cela ne se sache pas… »
Jamais la soif névrotique de se « distinguer », de se « faire remarquer », même un pauvre quart d’heure, n’a été aussi virulente que depuis le triomphe absolu du clonage, victoire totale sur la diversité de l’homme remportée par la télévision et ses deux séides empressés que sont la mode et la publicité.
Je m’exhibe donc je suis.
Si, de tous temps, le désir de reconnaissance et le besoin d’être aimé et admiré ont été des moteurs puissants de l’activité humaine, ils ne pouvaient autrefois être conçus, à quelques exceptions mégalomanes près, que comme la récompense d’un travail, d’une œuvre ou de l’entretien de qualités particulières et non comme une autoproduction de l’ego, cultivée par chacun envers lui-même.
Jadis, c’étaient les pairs, les aïeux, les maîtres et les professeurs qui distinguaient le mérite et attribuaient les lauriers offerts comme référents à la passion collective. Ainsi s’établissaient des hiérarchies intégrées et acceptées qui nourrissaient à la fois le culte de l’excellence chez les élus pouvant toujours choir s’ils relâchaient leur effort et le sentiment d’orgueil de ceux qui voulaient les imiter et les rejoindre.
Paysans, artisans, artistes, poètes, écrivains, écoliers… tous s’inscrivaient dans ce système d’observation réciproque et d’élitisme communautaire.
Tout au contraire, aujourd’hui voit le règne de l’auto-proclamation des mérites et, désormais, l’exigence de reconnaissance précède toute réalisation. On quémande de l’amour, on réclame respect et intérêt, on sollicite l’attention et la considération au nom des qualités « naturelles » qu’on s’attribue sans le moindre argument ni la plus petite démonstration.
Délire égoïste sans borne, cette « inversion de la charge de la preuve » de son mérite et de ses qualités aboutit à l’atomisation sans retour d’une société où chacun, s’estimant extraordinaire, ne peut voir le monde que comme un vaste réservoir pour ses caprices et autrui que comme un subalterne exploitable à l’envie ou un concurrent faisant odieusement de l’ombre à son propre rayonnement.
La nullité vulgaire des « élites » et des « stars » de l’époque rend odieux et intolérable le fait de n’être pas à leur place, rien ne différenciant leur prétentieuse médiocrité de la nôtre. D’où l’actuelle production industrielle d’envieux et d’aigris, de frustrés et de jaloux hargneux…
Puisqu’il me suffit « d’être moi » pour « tout mériter », quel sens a dorénavant l’effort d’amélioration et d’excellence ?
Si le simple fait d’être une femme induit que je dois« être traitée comme une princesse », pourquoi ne serais-je pas infidèle, capricieuse, veule et méchante ?
Si une coupe de cheveux abstraite et quelques lignes de coke m’octroient le statut d’artiste, pourquoi perdrais-je mon temps à suer sang et eau sur une œuvre déjà supplantée par l’apparence ?
Si le fait d’être une « racaille » ne « doit me fermer aucune porte », pourquoi cesserais-je d’en être une ?
Si tout le monde peut-être n’importe qui, pourquoi ferais-je l’effort d’être quelqu’un ?
A l’exception des Saints, les hommes ont besoin, pour dépasser les bassesses et les failles de leur nature, de l’émulation de modèles à respecter et à suivre ainsi que de l’aiguillon des hiérarchies du mérite.
Si l’on fausse cette stimulante autorégulation, c’est toute possibilité de vie commune décente et supportable qui disparaît.
L’urgence est donc de réapprendre l’humilité et la discrétion, la volonté de faire, de prouver avant d’obtenir, la beauté de l’apprentissage et de l’écoute, la nécessité d’incarner au quotidien avant d’expliquer ou de démontrer et la grandeur des petites choses faites avec sérieux et application.
Il nous faut produire, créer et aimer, sans rien attendre d’autre que ce qui viendra naturellement. De notre laborieuse humilité naîtra l’estime puis l’adhésion d’où sortira le monde nouveau.

Agir localement et réellement pour une agriculture enracinée, promouvoir un autre mode de vie, d’autres relations entre consommateurs et producteurs, c’est possible.
En effet, à la rentrée, en région parisienne, va être mis en place un réseau de distribution directe de produits agricoles entre consommateurs préoccupés par tout ce qui favorise l’enracinement et producteurs locaux.
Inspiré du principe des Amaps (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), sans en avoir le nom, ce réseau – axé au départ sur la distribution de légumes et de fruits – vise à assurer d’une part à un producteur local un revenu décent et une indépendance vis-à-vis de la grande distribution et des circuits mondialisés de l’économie et aux consommateurs des produits locaux, sains et issus de l’agriculture traditionnelle.
Les distributions auront lieu une fois par semaine au même endroit, qui reste à définir.
Il s’agit d’un engagement fort. Notamment des consommateurs envers le producteur qui doit savoir chaque semaine quel volume il doit apporter aux membres de ce réseau. A l’inverse, le producteur s’engage à fournir des produits de qualité, varies et de saison
Attention, il s’agit d’un échange marchand, qui n’empêche cependant pas la solidarité des consommateurs envers le producteur lors d’aléas climatiques.
Toute personne intéressée par ce projet, et voulant même participé à sa mise en place, peut envoyer un message à l’adresse terroirsparisiens@gmail.com. Egalement, tout producteur, ou tous ceux qui connaissent un producteur pouvant être intéressé par cette démarche doivent prendre contact à la même adresse.

Enfants, Jacques Dufilho et son frère entendaient parfois les sirènes, nostalgiques comme des hululements, des bateaux en partance. Leur père disait : " C'est le bateau-loup. Dormez". Au fil de sa mémoire, l'homme "merveilleux " dont parlait Werner Herzog, qui le dirigea dans Nosferatu, remonte tranquillement le cours du temps. Fils d'un pharmacien gascon, il aurait voulu être paysan. Cette vocation lui inspirera certaines de ses interprétations les plus célèbres, notamment d'inénarrables paysannes à accent. En 1938, il monte à Paris et rencontre Charles Dullin, un maître à vivre et à jouer. A l'Atelier, il croise Jean Marais, Madeleine Robinson et Alain Cuny. Apparu au cinéma dès 1941 dans des rôles souvent improbables de nanars dirigés par Blistène, Pottier, Hunebelle ou Pinoteau, il aura plus de chance avec Daquin, Devaivre, Deville, Mocky, Malle, Sautet ou Lautner. En 1978, il reçoit le César du meilleur second rôle pour Le Crabe-Tambour de Schoendoerffer. Monarchiste convaincu, toqué de Bugatti, Jacques Dufilho est également un passionné de chevaux, deuxième " religion " à laquelle il a rendu hommage dans une adaptation inoubliable de Milady de Morand. Après soixante ans de carrière, il a été et est plus qu'un grand acteur, un personnage singulier.

En 1883, William Blaikie, un sportif accompli écrivit le livre « How to Get Strong, and How to Stay So». C’est l’un des premiers essais sur la culture physique. Il consacre notamment un chapitre au sport pour les jeunes en proposant des routines. C’est particulièrement par sa simplicité que cette méthode est intéressante, en effet il suffit d’une paire d’altère pour suivre le programme. Ce n’est certes pas un programme qui permet d’avoir biceps énormes et des tablettes de chocolat mais il est certainement très bien conçu pour bâtir une force physique acceptable. Il se divise en deux parties, une routine pour le matin et une pour l’après-midi.
Matin (compter une minute de repos entre chaque exercice, ces cinq exercices devraient prendre environ quinze minutes et peuvent être suivis par quelques séries d’abdominaux):
1- Biceps : Debout, prendre à bout de bras deux altères pesant un quinzième de votre poids. Contractez cinquante fois les biceps en ramenant les altères sur votre poitrine.
2- Dos et cuisses : Toujours en ayant les altères à bout de bras, le long du corps, s’accroupir cinquante fois pour faire toucher les altères au sol.
3- Haut du dos et avant bras : Debout, lever les altères cinquante fois aussi haut que possible en arrière en essayant de garder les épaules droites. À chaque fois que les altères atteignent leur hauteur maximum, maintenir la position quelques secondes.
4- Épaules et poitrine : Tenir les altères à hauteur d’épaule et les lever cinquante fois à la verticale au dessus de la tête.
5- Poitrine : Tenir les altères au dessus de la tête les bras tendus. Abaisser les bras jusqu’à ce qu’ils soient horizontaux puis revenir à la position initiale. Répéter l’exercice dix fois. Se reposer trente secondes puis reprendre le mouvement dix fois. Répéter l’exercice jusqu’à atteindre cinquante.
Après-midi :
En fin de journée, marcher environ une heure a bon rythme en s’efforçant de faire des pas courts. Cela musclera durablement vos jambes. Au bout d’un mois de cet exercice, allez courir environ 1500 à 2000 mètres d’abord en sept minutes puis en accélérant un peu chaque soir ou en augmentant la distance. Réaliser cet exercice quotidiennement si possible sinon au minimum trois soir par semaine.

A la fois mode de vie et style décoratif, le Pop polynésien ou Tiki Culture est le pendant exotique de la culture pop américaine des années 50 et 60. La Culture Tiki a pris pied aux Etats -Unis en 1934 avec l'ouverture d'un restaurant à thème polynésien "Don the beachcomber" à Hollywood, par Ernest Raymond Beaumont-Gantt, il fut suivi en 1937 par Trader Vic qui durant les années fastes de la Culture Tiki ouvrit 25 restaurants à travers les Etats-Unis. Les soldats américains qui avaient combattus dans le pacifique lors de la seconde guerre mondiale popularisèrent un version exotique du folklore polynésien. James Michener obtint en 1948 le prix Pulitzer pour son recueil de nouvelles "Tales of the South Pacific". Dans une Amérique puissante mais conservatrice et puritaine, nombre d'Américains partent à Hawaii à la recherchedu paradis perdu. En rentrant ils importent tout un folklore paradisiaque de cabanes de bambous et de statues phalliques, des divinités locales. Chemises aloha, breuvages exotiques, concours de hula et de limbo, musiques aux percussions sauvages, offrent un exutoire à toute une jeunesse. Et dans les années 50, le culte du dieu Tiki, pratiqué par les populations polynésiennes, devient le nec plus ultra du folklore exotique. Le "pop polynésien" était né. Le Tiki représentant un homme ou une tête d'homme. Les plus connus sont certainement les Moaïs, statues monumentales de l'île de Pâques. Les tikis sont souvent de sexe masculin. Ils sont représentés bras sont repliés et ramenés vers l'avant, mains posées sur le ventre, jambes sont fléchies. La tête est souvent disproportionnée laisse apparaître des yeux immenses.
Durant les années 50 et 60 la Tiki Culture s'est largement diffusé à travers les Etats Unis, donnant naissance a une Culture Tiki d'ou naitront aussi bien accessoires divers qu'un style architectural : cocktails exotiques, vahinés, statuettes et mugs (le mug est l'objet emblématique de la Tiki Culture il arbore le plus souvent la figure du tiki, mais existe aussi en variante vahiné ou du surfeur), bars et parcs d'attraction Tiki (En 1963 le Parc Walt Disney de Californie ouvre une nouvelle attraction "Walt Disney's Enchanted Tiki Room".) . Toute une génération adopta le style " Tiki ". On exposa des sculptures de Tiki dans le jardin, la maison les "Tiki Bars" offrirent toute sorte de cocktails exotiques à deguster en regardant les "Hula-dancers". Sur le plan musical des musiciens comme Les Baxter, Arthur Lyman, et Martin Denny metissant jazz et musique polynesienne donnérent naissance au genre "Exotica", du nom de l'album de Martin Denny en 1957. Ritual of the Savage (Le Sacre du Sauvage) de Les Baxter, mélangeant luxuriants arrangements orchestraux et rythmes tribaux, est l'album mythique du genre avec des titres devenus des classiques "Quiet Village", "Jungle River Boat", "Love Dance", and "Stone God." La culture Tiki a atteint son apogée en 1959, avec l'entrée d'Hawaii comme cinquantième état de l'Union, elle connait actuellement un renouveau.



Cela fait maintenant une quinzaine d’années que les murs du centre-ville de Bruxelles sont ornés, petit à petit, de héros de la bande dessinée ! En 2009, à l’occasion de l’année de la BD, le Bureau des Grands Evénements (BGE) de la ville de Bruxelles décide de rendre hommage à Corto Maltese, célèbre héros créé par Hugo Pratt. Les travaux ont lieu en ce moment même, et se termineront entre la fin du mois d’août et début septembre. Vous pouvez donc vous rendre dès maintenant au bord du canal, au croisement du quai des péniches et du quai de la voirie – en plein cœur de l’événement Bruxelles-les-bains - pour suivre l’évolution de la création. Il s’agit de la plus grande fresque murale de bande dessinée réalisée en Belgique.
Longue de quatre-vingt quinze mètres, elle s’étend en fait sur quatre pans de mur, chacun représentant un visuel de Corto tiré d’une de ses aventures : Les Ethiopiques, Corto Maltese en Sibérie, La Maison dorée de Samarkand et Les Celtiques.


