


Zentropa
C’était la pause. Donc ils fumaient.
Que faire d’autre ?
Dix minutes. Dix minutes pour échapper au rythme de la machine, au bruit infernal de l’atelier, à la chaleur étouffante mal régulée par une climatisation défectueuse… Dix minutes de parenthèse durant lesquelles les corps engourdis se trouvaient désemparés.
Parler aux collègues ? Mais de quoi ?
Dix minutes c’est trop long pour parler du temps qu’il fait et trop court pour parler de football.
Zombies alignés le dos au mur, clopes au bec, ils attendaient la sonnerie qui les renverrait, presque soulagés, derrière leurs presses hydrauliques.
Dos voûtés, regards vides, gorges toussotantes… On n’était déjà plus complètement dans le monde des vivants.
Pourtant, ils étaient des privilégiés –on le leur avait assez répétés- car eux étaient encore dans le circuit. Grèves, occupations, pétitions, puis réductions de salaires, vacances sacrifiées… ils s’étaient battus pour cela, pour conserver le droit de se lever tous les jours à 6h15 pour rejoindre l’usine, pour pouvoir continuer à suer et cracher derrière des monstres métalliques aux fumées entêtantes, pour préserver la glorieuse satisfactions d’apercevoir dans les coupures et blessures de leurs mains la justification de leurs anémiques bulletins de salaire…
Car sans cela, c’était le grand rien, le grand vide, l’empire du non-sens, la disparition de toute césure entre le turbin honni et le loisir attendu, le dérèglement de toutes les habitudes, le retour à la case inutilité, les questionnements et les angoisses.
Sans parler des crédits…
Alors c’était presque heureux qu’ils étaient là, mégots aux commissures des lèvres, à attendre le claquement du fouet pour regagner leurs rangs de coton.
Fort heureusement, les histoires de grand-père ne leur revenaient pas à l’esprit. Ces histoires qui évoquaient le temps d’une pauvreté glorieuse où chacun, maître de son bout de terre, vivait chichement du fruit d’un labeur épuisant mais qu’on interrompait au moment de son choix et selon son humeur, pour boire une lampée avec le voisin ou débattre du destin du monde avec le facteur ou le garde-chasse.
Souvenirs opportunément effacés d’un monde où l’on n’achetait que ce que l’on pouvait se payer et où l’on apprenait à se passer du reste. Un monde où l’on craignait plus le Bon Dieu que l’huissier ou le contremaître. Un monde où les repas n’étaient pas minutés et où, si l’on s’endormait après la prune digestive, il suffisait de se lever un peu plus tôt le lendemain. Un monde où, lorsque l’on avait assez produit pour satisfaire les besoins des producteurs, on s’arrêtait pour boire et pour chanter.
Bref un monde à jamais disparu, pour la plus grande joie des usuriers et des actionnaires.

Le 14 mars 1952, le truand Abel Danos, dit " le Mammouth ", tombait sous les balles d'un peloton d'exécution dans les fossés du Fort de Montrouge en criant " Vive la France ! ". Un cri inattendu, puisque Danos avait été condamné à mort pour trahison. Avec cette condamnation, la France tournait une des pages les plus noires de son histoire : celle de la " Gestapo française de la rue Lauriston ", dont le chef, Henri Lafont, avait lui-même été fusillé en compagnie de l'ex-policier Bonny quelques années plus tôt. Le condamné avait contre lui un dossier des plus épais : outre ses trop nombreuses condamnations, ses évasions et sa participation au sanglant " premier hold-up de l'Occupation ", il avait accumulé un lourd passif au sein de la " Carlingue " : opérations contre le maquis, pillage, meurtres. Les juges l'avaient condamné sans état d'âme en accordant toutefois " des circonstances atténuantes ". Derrière le " tortionnaire ", le " tueur à gages de la Gestapo " que la police, relayée par la presse, s'était acharnée à dépeindre, existait-il quelques éléments qui auraient pu faire pencher l'autre plateau de la balance ? Certains témoignages, en particulier celui de son ancienne maîtresse Hélène Maltat, affirmaient en effet que Danos s'était engagé, dès 1941, aux côtés du commissaire Blémant du contre-espionnage français, et qu'il avait appartenu au réseau Marco-Polo en 1944. L'affaire Danos n'était-elle pas aussi simple ? Après quatre ans de minutieuses recherches, Eric Guillon rouvre le dossier. A travers l'histoire de Mammouth défile une galerie de personnages parmi les plus grands du banditisme français : Pierre Loutrel, dit " Pierrot le Fou ", le " Grand " Jo Attia et Georges Boucheseiche, qui forment avec Danos l'ossature du redoutable " gang des tractions avant " ; le " Chauve " Jean Sartore, gestapiste décoré pour faits de Résistance, Raymond Naudy, l'ancien maquisard et tueur de gendarmes, Roger Lentz, l'associé de toutes ses cavales, mais aussi " Mimile " Buisson, l'ami et le complice de la rue de la Victoire, qui le livra au commissaire Chenevier... Ou encore Auguste Ricord, Joseph Rocca Serra, André Jolivot, Jean Rossi, Charles Cazauba, Alex Villaplana et des dizaines d'autres figures d'un Milieu disparu.




11 Août 1913
"Hier, nous avons été au Cinéma du Casino. Il faut arriver à 8 h ½ pour avoir une place convenable et gratis (pour les abonnés) sous la galerie. On entend la musique. Après vient le cinéma, les actualités du Dimanche, avec toujours ce Poincaré, aux régates du Havre cette fois-ci, et je ne sais où encore, ce qui enchante nos bonnes pâtes de bourgeois et m’horripile, ma parole ! Je crois que des sots ont crié : Vive Poincaré ! Puis des stupidités à en avoir mal au cœur et de trépidantes bouffonneries. Il y eut ensuite un feu d’artifice en l’honneur des régates. Les enfants étaient contents, quoique défrisés par la sottise du cinéma, mais on se couche bien tard.
Et pourtant, il y avait tant de foule qu’on n’aurait pu jeter une épingle dans le jardin et que, pour en sortir, les portes étaient trop étroites. En pensant aux églises trop grandes le matin, je me sentais triste et me chagrinais en moi-même sur ce que devient et deviendra notre pauvre France. Nous nous en revînmes vite tandis que la plupart des abonnés, en bataillons serrés, et même avec des enfants, rentraient encore au casino.
A quelle heure se lèvent-ils ? Et comment marche leur maison ?"



Dom Nuno Alvares Pereira était un général portugais qui joua un rôle décisif dans l’indépendance du Portugal vis-à-vis de la Castille. Il termina sa vie comme mystique dans un monastère. Il fut canonisé le 9 avril 2009.
Nuno Álvares Pereira est né en 1360 dans une vieille famille noble à Paços do Bonjardim au centre du Portugal. Il eut 32 frères et sœurs. À 17 ans, il épousa Léonor de Alvim dont la famille descendait de Charlemagne et de Ferdinand de Castille. Il commença sa carrière militaire à 13 ans et participa à la défense face à l’invasion castillane. Il fut remarqué pour son impétuosité. En 1383, à la mort du roi Ferdinand Ier, la Castille se fit de nouveau menaçante. Il remporta la victoire contre les Castillans et fut nommé général en chef des armées portugaises, il n’avait que 23 ans. Deux ans plus tard il vainquit encore les Castillans lors de la bataille d’Aljubarrota. Héros national, on lui donna alors deux duchés en récompense. Il demeura au service du roi menant régulièrement des raids en Castille jusqu’à ce que la paix soit définitivement signée en 1411.
Toute sa vie, il fut reconnu pour sa piété. Il contribua à créer la confrérie du mont Carmel, ordre laïc venant en aide aux pauvres. Alors qu’il luttait contre les Castillans, il s’illustra pour sa justice vis-à-vis de ses ennemis et traversa plusieurs fois la frontière pour venir en aide aux populations durant des famines, aida les orphelins et les veuves de guerre.
Il n’eut qu’une fille de son mariage. Celle-ci épousa le fils du Duc de Bragance qui allait plus tard devenir la famille royale portugaise. À la mort de son épouse en 1423, il rejoint l’ordre des Carmélite et prend le nom de Frère Nuno de Santa Maria où il vécut jusqu’à sa mort en 1431. Il avait une dévotion particulière pour la Vierge. Lors de sa dernière année, le roi vint une dernière fois lui rendre visite reconnaissant d’avoir sauvé son trône et l’indépendance du pays. Sa tombe fut perdue lors du tremblement de terre de 1755 et retrouvée en 1996 par des archéologues.
Le Frère Nuno de Santa Maria fut béatifié en 1918 par le pape Benoit XV et récemment canonisé par Benoit XVI. Ces vertus lors de sa vie de laïc et sa piété en tant que moine furent alors soulignées ainsi que la reconnaissance d’un miracle. Ce dernier eut lieu en 2000. Une dévote priant Nuno pour la guérison de son œil aveugle (suite à une éclaboussure d’huile) fut guérie. La médecine fut incapable d’expliquer le phénomène. La Saint Friar Dom Nuno de Santa Maria Àlvares Pereira est désormais fêtée le 6 novembre.




“Je n’ai jamais été un partisan bien vif des idées et des principes du cosmopolitisme. Ils ont quelque chose de trop vague, de trop idéal, malgré certains côtés brillants et spéciaux, je crois que leur effet le plus certain est d’effacer ou de trop amoindrir l’amour de la Patrie et le devoir de la responsabilité civique.”
Jean Jaurès, lettre au Congrès de la Paix de Lausanne.


La slavophilie ou slavophilisme est un courant de pensée russe, né dans la première partie du XIXe siècle.
D'un point de vue étymologique, slavophilie signifie simplement l'amour des slaves, soit des personnes du groupe ethnique comprenant les Russes, les Serbes, les Polonais, les Tchèques etc.
D'inspiration romantique, la slavophilie recouvre une multitude de théories nationalistes. On peut trouver à celles-ci un dénominateur commun dans la notion de « génie de la Russie ». Les slavophiles décèlent celui-ci dans certaines valeurs et institutions considérées comme proprement nationales: la religion orthodoxe, le zemski sobor (sorte d'États généraux). Selon eux, l'européanisation rapide de la Russie, imposée par ses souverains, de Pierre le Grand à Catherine la Grande, a fait perdre à la nation son identité. L'objectif des slavophiles est, dès lors, le retour aux valeurs traditionnelles russes, et la fin de l'imitation de l'occident. Si ce but est atteint, le génie de la Russie vaudrait à cette dernière de connaître un rôle primordial dans l'histoire de l'humanité.
En tout ceci, les slavophiles sont radicalement opposés aux occidentalistes, dont l'opinion est que la Russie a accumulé un tel retard de civilisation qu'elle doit absolument se mettre à l'école de l'occident pour évoluer.
La slavophilie naît à un moment où la Russie est devenue une puissance européenne de premier plan, sur le plan militaire et politique (victoires d'Alexandre Ier sur Napoléon et rôle de gendarme de l'Europe joué par Nicolas Ier, avec la répression des révoltes polonaises et hongroises). D'un point de vue culturel, également, la Russie entame une période de développement remarquable, tant du point de vue littéraire (Pouchkine, Lermontov, Griboïedov, Gogol) que musical. Simultanément le pays reste dans un état d'arriération économique, politique et sociale d'autant plus problématique que les autorités sont opposées à toute réforme.
En politique étrangère, ce courant s'exprime, surtout dans la seconde partie du XIXe siècle, dans la théorie du panslavisme, après les guerres de libération des peuples orthodoxes (Serbes, Bulgares, etc...) du joug ottoman (guerre russo-turque de 1877-1878), par opposition au pangermanisme influent dans les Balkans et du Grand Jeu des Britanniques en Asie moyenne.
Les slavophiles les plus notables sont Alexis Khomiakov, Pierre et Ivan Kireïevski, Ivan Aksakov, son frère Constantin Aksakov et Georges Samarine. On retrouve des accents slavophiles dans les écrits nationalistes de Fedor Dostoïevski et, jusqu'à la fin du XXe siècle, dans ceux d'Alexandre Soljenitsine.
Un mouvement slavophile a aussi existé dans d'autres pays slaves que la Russie, tel que la Pologne.


Le chaudron du sexe et des malfrats, c’était là. De la place Blanche à la rue Victor-Massé, flics, voyous, artistes aussi se mélangent. Souvent pour le pire. Les archives y font apparaître un Tino Rossi compagnon de route des Allemands.
Subure, le quartier chaud de la Rome antique: c’est le nom que l’historien Louis Chevalier avait donné à Pigalle. En 2002, suinte toujours cette réputation de canaillerie. Devenu sexodrome aseptisé, le quartier fut en effet l’humus de la pègre parisienne. Grégory Auda, 34ans et historien auprès de la préfecture de Paris, vient d’ouvrir les archives du chaudron … Du glauque. Du très glauque.
Voyez la Carlingue, ce ramassis de malfrats et de flics véreux, devenus gestapistes français. Ils serpentaient autour du terrifiant duo Bonny-Lafont. Ces truands miliciens ont mis le milieu au pas. Pigalle la Blanche s’est alors cousue dans l’étoffe de ces ignobles. Le prince des lieux? Tino Rossi. Hé oui, le gentil chanteur corse de «Petit Papa Noël», qui émarge alors à la collaboration, apprécie les nazis, Vichy et la compagnie des salauds de la rue Lauriston. La mafia avait Dean Martin et Pigalle, Tino. Grégory Auda dévoile ce profil noir: «Dans le milieu montmartrois, il était appelé Tonio. Il fréquentait le bar Dominique, rue Victor-Massé. Le patron Dominique Carlotti était associé à un membre de la Carlingue impliqué dans des trafics de cartes de pain et d’or. Le Tonio était protégé par la “bande des Corses” et se targuait de sa collaboration allemande, comme son frère, Joseph.» A la Libération, les résistants et les survivants de la Carlingue tels Pierre Loutrel, alias Pierrot le Fou, Abel Danos, dit le Mammouth, Georges Boucheseiche (impliqué aussi dans l’affaire Ben Barka) se retrouvent dans le gang des tractions avant. A Pigalle, l’argent arrange tout.
Avant d’être conteur d’histoires noires sur France Inter, Eric Yung était flic de la Crime, à Pigalle: «J’ai longtemps entretenu un rapport affectif avec ce quartier. Une de mes fugues de môme s’est finie là. J’y ai été affecté en octobre 1969 et j’ai très vite trouvé mes marques: mon premier réveillon de Noël s’est passé au Rosario, un petit bordel de la rue Houdon.» Il se souvient de ses vieux collègues qui «vivaient rue des Martyrs, toutes portes ouvertes, au milieu des putes et des petits voyous». Il y avait bien sûr les légendaires «boîtes à gogos avec de vrais chasseurs qui raccompagnaient les filles le soir au pas de leurs hôtels». Une horde de trognes marseillaises, corses ou yougoslaves pour sérieB. «Pigalle, c’est un quartier qui fonctionne comme un show transformiste: chaud chaud la nuit, popu et industrieux le jour. Dans les années70, tout ce monde se brassait. Autour de grandes tables comme la Cloche d’or et le Sanglier bleu où mangeaient voyous, artistes et politiques.» Souvenir d’un petit matin en terrasse au Bastos, place Pigalle. Aux côtés de Yung, un truand prend une balle en pleine tête. Il ne réagit pas, sirote son express et repose peinardement sa tasse avant de partir.
La drogue, aussi, a soufflé sur le quartier: une mauvaise héroïne a mouché toute une jeunesse de la place des Abbesses. En mai1981, Juliet Berto et Jean-Henri Roger ont tracé sa saga dans «Neige», un film célébré au Festival de Cannes. Aujourd’hui, le mythe murmuré, c’est celui de la Dame blanche. «Tu connais pas? Elle a toutes les boîtes à hôtesses. Elle contrôle la dope, l’héroïne surtout. Elle est très vieille, la Dame blanche, et on ne la connaît pas», jure K., ex-dealer de shit à Château-Rouge, devenu éducateur, dans ce quartier mitoyen infesté de crack. La Dame blanche… Et ce Pigalle, déserté par le milieu, devenu une usine à rêves du pauvre et du touriste. A Pigalle, on ne dénombre plus les morts depuis longtemps. Aujourd’hui, les parrains, qui se font buter dans les PMU du 16e ou sur les Champs, laissent leurs yorkshires orphelins. Leur argent file à des héritiers en école de gestion et qui ne se risqueront surtout pas à Pigalle: trop de pickpockets roumains. Trop has-been.
André Pousse
Dans le monde moderne, les lois de l’industrie musicale et de l’économie de marché construisent un mur d’argent entre les musiciens et les auditeurs. Les profits énormes générés ont crée cette industrie qui dicte ses goûts à la majorité. Dans ces conditions la créativité est mise en péril.
Aujourd’hui, le respect des copyrights est un crime contre la créativité. Il devient extrêmement difficile d’atteindre les auditeurs à cause de cette relation basée uniquement sur l’argent. Il est impossible de gagner face à cette machine en jouant selon leurs règles. Nous refusons cette logique du profit et nous appelons à la copie illégale et à la distribution de nos disques en MP3.
Sortons de la logique mercantile, diffusez le message du groupe qui vous supporte. S’il vous plait copiez ce CD et donnez-le à vos amis !

