
L'aventure humaine et spirituelle des Pères du Désert du Monastère Saint-Macaire (Egypte).
Dans la région du Wadi el Natroum en Egypte, à proximité de la route du désert reliant le Caire à Alexandrie, derrière de vastes murailles, se trouve l'un des plus vieux monastères du monde. Fondé en 360 par St Macaire le Grand, l'un des premiers disciples de St Antoine, le premier des Pères du Désert, le monastère Saint Macaire compta plus de quatre mille moines qui se groupèrent autours du saint de son vivant pour jouir de sa paternité spirituelle. Depuis cette époque, la présence monastique en ce lieu n'a jamais été interrompue...
Dans les années 60, le monastère en partie en ruines et menacé par les sables, est condamné à une extinction irrémédiable. On ne comptait plus alors que six moines âgés dont trois invalides. En 1969, un ermite, le Père Matta El Maskine, accompagné d'un groupe de douze moines qui vivaient depuis 10 ans dans l'arride désert du Wadi El Ryyan à la façon des premiers Pères du désert, reprit ce monastère à la demande du Patriarche copte orthodoxe Cyrille VI avec pour mission de le reconstruire, de faire redémarrer la vie monastique et érémitique et de "faire refleurir le désert."
En cinq ans le monastère Saint-Macaire sera entièrement reconstruit et sa surface multipliée par six, il compte actuellement 130 moines et une dixaine d'ermites vivant à proximité, et des plantations et des élevages s'étendent désormais sur plus de mille deux cents hectares... Ces moines coptes orthodoxes qui connaissent un véritable renouveau s'inscrivent dans la prestigieuse lignée des Pères du Désert, à l'origine du monachisme occidental.
Ce documentaire raconte leur extraordinaire aventure humaine et spirituelle, semblable à une lumière prophétique surgissant à nouveau des sables d'orient..

I camerati di Milano arrestati recentemente sono stati purtroppo condannati a mesi 6 di reclusione.
Importante scrivergli, stargli vicino e raccogliere fondi per supportarli.
NORBERTO SCORDO
c/o Carcere “San Vittore”
Piazza Filangieri 2
20123 MILANO
DAVIDE CANCELLI
c/o Carcere “San Vittore”
Piazza Filangieri 2
20123 MILANO
SIMONE SIMONETTI
c/o Carcere “San Vittore”
Piazza Filangieri 2
20123 MILANO



Zentropa
« Ici, mon gars, c'est de l'authentique, du populeux, du velu ! D'ailleurs, y'a qu'à voir, les serveurs portent des casquettes Gavroche, comme Bruel ânonnant, entre deux tournois de poker, les chansons de bal des années 30 ! C'est dire si on est dans le rustique et l'enraciné ! »
C'est un bar « comme autrefois ». Mais avec les prix d'aujourd'hui bien sûr. Faut pas déconner non plus. Un peu au dessus de la moyenne même, les prix. Que voulez-vous, le folklore et la nostalgie, aujourd'hui, ça se paye. Cash ou American express. Tu le veux ton petit caboulot d'ouvriers 1900 ? Et ben t'as intérêt à bien bosser dans ta banque d'affaires internationales pour te le payer ! Le Ralph Lauren se porte haut et fier entre les miroirs-réclames pour l'anis et les marionnettes poussiéreuses arrachées à leur théâtre de Guignol.
Théâtre de Guignol, le thème est de circonstance.
Sur les cartes, on n'écrit pas « saucisson » mais « sauciflard ». « Sauciflard » c'est comme ça qu'ils disent les ploucs… Oui. Mais ils ne l'écrivent pas. Ils ont le respect de l'écrit et sont allés à une école qui n'était pas encore que de commerce. Ils n'ont rien compris d'ailleurs, ces pailleux. La preuve : le menu est à 9 euros 50 au bar/brasserie/PMU du coin. A croire qu'ils aiment rester pauvres. En plus on risque d'y croiser de l'alcoolique couperosé et du cheminot au verbe grivois et à la main leste… On y aurait même entendu des propos forts peu xénophiles voir odieusement discriminatoires… Ici au moins, c'est de la convivialité « clean », propre sur elle, sans odeurs trop fortes ni propos désobligeants. Du « populaire participatif », bien sous tous rapports. Ca vote à gauche mais ça vit à droite. Tendance « libéral/libertaire », libérale pour le fric, libertaire pour le cul et la défonce.
Tout le monde est « pote » mais faut régler ses consommations directement, dès que l'on est servi, des fois qu'un « super festif méga cool trop détendu dans son rapport à l'autre » ait la mauvaise idée de s'esquiver sans payer ou de vouloir laisser uns ardoise.
La barmaid « pas polie donc cool car la politesse c'est bourgeois » est clonée sur la vendeuse du « Zara » voisin qu'elle doit d'ailleurs retrouver après son service et ses quelques heures de représentation, épuisée par l'effort du sourire mécanique mais réconfortée par la perspective de bientôt danser sur de la « jungle » au Macumba Beach Club.
Mêmes têtes, mêmes marques, mêmes prétendues idées, même ennui camouflé, même superficialité rigolarde que dans un bar d'Oberkampf.
Seul le Picon a remplacé le Soho.

"Une des meilleures preuves que le principe et la finalité de la consommation n'est pas la jouissance est que celle-ci est aujourd'hui contrainte et institutionnalisée non pas comme droit ou comme plaisir mais comme devoir du citoyen.
Le puritain se considérait lui-même, considérait sa propre personne comme une entreprise à faire fructifier pour la plus grande gloire de Dieu. Ses qualités "personnelles", son "caractère", à la production desquels il passait sa vie, étaient pour lui un capital à investir opportunément, à gérer sans spéculation ni gaspillage.
A l'inverse, mais de la même façon, l'homme-consommateur se considère comme devant-jouir, comme une entreprise de jouissance et de satisfaction. Comme devant-être-heureux, amoureux, adulant/adulé, séduisant/séduit, participant, euphorique et dynamique.
C'est le principe de maximisation de l'existence par multiplication de signes, d'objets, par l'exploitation systématique de toutes les virtualités de jouissance.
Il n'est pas question pour le consommateur, pour le citoyen moderne, de se dérober à cette contrainte de bonheur et de jouissance, qui estl'équivalent dans la nouvelle éthique de la contrainte traditionnelle de travail et de production. L'homme moderne passe de moins en moins de sa vie à la production dans le travail mais de plus en plus à la production et innovation continuelle de ses propres besoins et de son bien être. Il doitveiller à mobiliser constamment toutes ses virtualités, toutes ses capacités consommatives. S'il l'oublie, on lui rappelera gentiment et instamment qu'il n'a pas le droit de ne pas être heureux. Il n'est donc pas vrai qu'il soit passif: c'est une activité continuelle qu'il déploie, qu'il doit déployer. Sinon, il courrait le risque de se contenter de ce qu'il a et de devenir asocial.
D'où la reviviscence d'une curiosité universelle (concept à explorer) en matière de cuisine, de culture, de science, de religion,de sexualité, etc. "Try Jesus!" dit un slogan américain. "Essayez donc (avec) Jésus!". Il faut tout essayer: car l'homme de la consommation est hanté par la peur de "rater" quelque chose, une jouissance quelel qu'elle soit. On ne sait jamais si tel ou tel contact, telle ou telle expérience (Noël aux Canaries, l'anguille au whisky, le Prado, le LSD, l'amour à la japonaise...) ne tirera pas de vous une "sensation".
Ce n'est plus le désir, ni même le"goût" ou l'inclination spécifique qui sont en jeu, c'est une curiosité généralisée mue par une hantise diffuse - c'est la "fun-morality", où l'impératif de s'amuser, d'exploiter à fond toutes les possibilités de se faire vibrer, ,jouir ou gratifier."
Jean Baudrillard, "La société de consommation"


Ce jeudi de l'Ascension fut une belle journée de printemps. C'est ce que se disent Maurice Geoffray, Julien Geoffray, Jean Trichard, Noël Montangeron et Joannès Callot, attablés au café de la Roche Gonin aux Ardillats.
Non loin de là, dans le Val d'Ardières, Roger Maria a ses pensées qui vagabondent : la jolie postière de Beaujeu..., les recommandations de son patron : " mettez de l'ordre dans nos papiers et dans nos comptes, nous allons bientôt partir. "
Son patron, justement, se repose. Il est rentré aujourd'hui même, d'un voyage à Paris. Il était aux obsèques de son ami Magontier, tué dans un bombardement anglais. Mais la perte de Magontier, c'est aussi la perte d'une précieuse source de renseigements pour la Résistance.
" Le débarquement est prévu pour la fin mai, vérifiez votre uniforme de sous-lieutenant qui dort dans la naphtaline, nous allons partir pour un maquis en Dordogne dont je prends le commandement " . C'est tout ce que son patron lui a dit et il est allé s'étendre.
Soudain, un bruit de moteur rompt la tranquillité de cette fin d'après-midi. Deux 201 montent de Beaujeu. Intrigués, les cinq copains sortent du café, enfourchent leurs bicyclettes et suivent la petite route que viennent de prendre les automobiles. Arrivés à l'ancien hôtel du Val d'Ardières, des miliciens les font descendre de vélo et aligner contre un mur. Les cinq Ardillatons assistent à l'arrestation de Georges Valois et de son secrétaire Roger Maria.
Madame Valois, d'origine Suisse, parlant l'allemand, après une longue discussion, peut sauver son fils Philippe de l'arrestation. L'inspecteur de la Gestapo qui dirigeait le groupe a-t-il été impressionné par cette grande dame parlant si bien la langue de Goëthe ?
Ce 18 mai 1844, ce n'est pas un résistant ordinaire que la Gestapo vient d'arrêter dans ce val perdu des Ardillats, c'est l'un des personnages les plus singuliers de la Troisième République.
" C'était un homme de droite, mais qui a toujours été contre Pétain" m'a dit ce vieil Ardillmaton.
" C'était un homme de gauche, peut-être même d'extrême-gauche. " m'a dit tel autre.
Alors, qui était Georges Valois ?
Pour en savoir plus
De son vrai nom Alfred-Georges Gressent, Georges Valois est né à Paris le 7 octobre 1878. Il perd son père très jeune et de 5 à 13 ans est élevé par ses grands- parents maternels en Seine et Marne.
" Mon grand-père, ouvrier chaudronnier, était républicain et libre-penseur. Avec l'instituteur, il fit de moi un homme libre. Avec ma grand-mère, il m'enseigna le travail et la méthode. "
À 13 ans, il entre dans une école professionnelle à Paris, d'où il est exclu deux ans plus tard pour " manifestation intérieure ". Il est successivement employé chez un marchand de toiles , dans les bureaux du journal France Nouvelle, chez un fabricant de clarifiants, chez un maroquinier.
" À 16 ans, j'ai été arrêté comme anarchiste, ce qui était faux. "
À 17 ans, il part pour Singapour employé chez un commerçant français ; à 19 ans, il rentre en France pour étudier. " J'étais devenu anarchiste. ".
À cette époque, il rencontre Julien Sorel et devient l'un de ses disciples.
À 22 ans, il est incorporé dans l'armée puis réformé pour tuberculose.
À 24 ans, il tente de devenir horloger à Genève, mais de là, il part à Moscou comme précepteur chez un comte russe où il épouse la dame de compagnie de la comtesse. Il rentre en France en août 1903 et travaille jusqu'en 1912 à la librairie Armand Colin.
Ses premiers écrits datent de 1905-1906. Il prend le pseudonyme de Georges Valois et publie l'Homme qui vient, puis La monarchie et la classe ouvrière.
Il entre alors à l'Action Française. Mais son action s'exprime plus dans des mouvances marginales telles que le cercle Proudhon dont il est l'un des fondateurs en 1912 et dont la tendance très lutte des classes le mettait plutôt en opposition avec l'Action Française.
Ce qui l'attire, c'est que le Roi doit (et peut, estime-t-il) être contre le Parlement composé trop souvent de politiciens soumis aux puissances d'argent.
En 1912, Georges Valois fonde et prend la direction de la Nouvelle Librairie Nationale. Il est à cette époque le numéro trois de l'Action Française aux côtés de Charles Maurras et Léon Daudet. Il est l'économiste singulier de la droite et de l'extrême-droite.
C'est un extraordinaire lanceur d'idées.
Georges Valois s'intéresse surtout à l'économie sociale, à l'organisation des métiers et et des syndicats, seuls capables de lutter contre les banques et les trusts qui sont des parasites.
Mobilisé en 1914 comme deuxième classe, il devient officier et il est à Verdun jusqu'en 1916. En 1915, il théorise, dans un ouvrage intitulé le Cheval de Troie, l'invention du char d'assaut qui va être mis au point par le général Estienne.
Pendant la guerre, Georges Valois commence à se séparer de l'Action Française. Le soutien et les interventions de Léon Daudet pour sauver Georges Valois de la mort, après une blessure en 1916, empêchent une rupture brutale. Mais en 1925, la rupture est totale.
Georges Valois fonde alors la première ligue fasciste française : Le faisceau des combattants et des producteurs et un journal Le Nouveau Siècle ainsi que plus tard la Librairie Valois.
Le faisceau est créé sur le modèle mussolinien, mais il est " non anti-socialiste, ni anticommuniste, ni antisémite ". Il a pour but de créer au-dessus des partis et des classes un véritable "État national et populaire ".
Georges Valois milite pour une monnaie ferme, contre l'inflation et toute dévaluation. Lors d'une grande assemblée générale à Reims en juin 1926 (certains parlent de 25 000 personnes), Georges Valois en appelle à une évolution vers le socialisme contre le poincarisme.
Ayant acquis la conviction de ne pouvoir lutter contre la ploutocratie avec les masses à tendances nationalistes, Georges Valois dissout le Faisceau en mars 1928, en appelle à une " République syndicale " et regarde vers le socialisme révolutionnaire. Il publie L'Homme contre l'argent, un ouvrage " tournant décisif " pour toute une époque.
À partir de 1931, il travaille avec Albert Thomas et d'autres à la rédaction de la Nouvelle Encyclopédie, mais la mort de ce dernier en 1932 met un terme à ce qui devait être un " formidable mouvement culturel ". En 1934, création du journal Nouvel Åge qui deviendra quotidien. Georges Valois prend des positions de plus en plus pacifistes et même gauchistes. Il démontre le soutien des capitalistes français et anglais à Franco et dénonce la gauche quand elle ne sert que de paravent au capitalisme.
En 1938, il mène campagne contre les accords de Munich. Les opposants sont alors rares : le 5 octobre, seuls les 73 communistes, le socialiste Jean Bouhey et H. de Kérillis ont voté contre, Churchill y sera d'abord
favorable, de Gaulle ne fera aucun commentaire. Pour Valois, il faut vaincre l'Allemagne sans guerre, instituer un blocus économique de l'Allemagne et de l'Italie.
Mais abandonnons un instant Georges Valois et revenons à l'été 1936 pour suivre les interrogations et engagements d'un jeune militant : Roger Maria a 18 ans cette année- là. Il a adhéré à la SFIO deux ans auparavant et se veut plutôt proche de la tendance gauche révolutionnaire de Marceau Pivert. Roger Maria se définit comme marxiste léniniste, mais critique à l'égard de l'orientation de la politique stalinienne. La décision de Léon Blum de non-intervention dans la guerre d'Espagne est pour lui un choc. Il démissionne de la SFIO.
À cette époque, Roger Maria suit régulièrement des conférences à la Mutualité. En février 1937, le hasard le conduit à suivre la démonstration brillante que fait Georges Valois du soutien de fait des capitalistes français et anglais à Franco.
Les deux hommes s'apprécient et Georges Valois propose à Roger Maria de collaborer avec lui. Roger Maria suivra Georges Valois jusqu'aux Ardillats. Seule la déportation les séparera.
Mais aujourd'hui encore Roger Maria est fidèle à Georges Valois et c'est en grande partie grâce à lui que nous avons pu réaliser cet article.
En juillet et août 1940, Georges Valois et son adjoint Gustave Rodriguès sont à Bayonne. Ce dernier se suicide. Georges Valois passe au Maroc où il crée un groupe clandestin qui édite une lettre confidentielle. Fin octobre 1940, il est arrêté " par précaution " et emprisonné à Meknès puis transféré à Clermont-Ferrand où il retrouve Pierre Mendès-France dans la même prison militaire. Les deux hommes se connaissent déjà puisque Georges Valois a aidé Pierre Mendès-France dans la préparation de sa thèse de docteur en droit sur la Banque des Règlements Internationaux.
Le 27 avril 1941, Georges Valois est libéré. Il retrouve à Vichy Roger Maria qui est démobilisé le 30 avril et s'apprêtait à gagner la France Libre par l'Afrique du Sud...
Georges Valois et Roger Maria, devenu son secrétaire, au lieu de rejoindre Londres, décident alors de " s'exiler " dans la région lyonnaise où ils ont des amis dans divers groupes de résistance. Georges Valois pense pouvoir acquérir une librairie.
" Je suis trop connu pour passer dans la clandestinité, je vais me mettre en quelque sorte, en résidence surveillée officielle pour que la police sache que je ne m'occupe plus qued'activités éditoriales non politiques ".
En mai 1941, ils sont à Couzon au Mont d'Or où ils prospectent la région. Georges Valois se rend compte qu'une librairie lyonnaise serait tout de même trop surveillée et il opte finalement pour une " résidence " plus discrète. L'hôtel du Val d'Ardières aux Ardillats est alors à vendre pour une bouchée de pain. Voilà une résidence, à l'écart, où l'on peut se faire oublier, mais qui permet aussi de recevoir des amis.
Fin juin, 1941, Georges Valois, ainsi que son épouse, emménagent au Val d'Ardières. Roger Maria est là aussi.
Ils vont alors mener deux activités rédactionnelles parallèles. L'une , officielle, traite de l'histoire des coopératives, de la législation des jardins ouvriers, donne aussi des conseils de jardinage au travers de fascicules ronéotés de 4-6 pages que reçoivent quelques deux cents abonnés. Les " amis " reçoivent, eux, en supplèment clandestin une lettre politiqueavec renseignements ou études sur... disons l'actualité.
Régulièrement, Roger Maria poste ces périodiques mensuels puis hebdomadaires en éparpillant ses dépôts pour ne pas se faire repérer dans diverses boîtes aux lettres d'un large secteur couvrant Belleville, Villefranche et Lyon.
En 1943, avec Cerf-Ferrière et Delmas, de Combat , basés à Beaujeu, Georges Valois publiera une nouvelle revue Après.
Seul, ensuite, il écrira sous le pseudonyme d'Adam, un numéro spécial d'Après, intitulé La France trahie par les trusts. Tapée à la machine aux Ardillats et imprimée à Villefranche sur Saône, c' est la brochure la plus volumineuse publiée par la Résistance.
Arrêtés par l'équipe de Barbie, Georges Valois et Roger Maria sont conduits au fort Montluc à Lyon et interrogés par la Gestapo. Roger Maria a été " passé à tabac " et plus ou moins torturé mais Georges Valois n'a semble-t-il jamais été frappé. Roger Maria nous a dit :" Il est passé pour un idéaliste farfelu prêchant la réconciliation entre les peuples pour une économie nouvelle. Dans ces interrogatoires, la difficulté vient de ce que nous sommes interrogés séparément, que nous ne savons pas non plus ce que nos questionneurs savent déjà par les perquisitions effectuées . Nous arrivons à communiquer et à coordonner nos propos destinés à nous faire passer pour des intellectuels idéalistes et pacifistes ".
Quand même condamnés à mort pour le principe, leur peine est commuée en déportation en camp de concentration. Roger Maria verra une dernière fois Georges Valois au fameux camp (français) de Compiègne, appelé Royal Lieu... une sorte de gare de triage pour toutesdestinations vers les camps nazis.
Roger Maria sera contraint, comme tant d'autres jeunes déportés de travailler en usine pour l'armée allemande, dans une hallucinante fabrique d'obus à Wattenstedt-Bruunschwick.
Transféré à Hanovre en mars 1945, il parvient avec un camarade à s'échapper au cours d'un convoi de nuit qui conduisit mille seize de ses compagnons à périr dans une tuerie au lance-flammes.
Recueilli dans une ferme, il est aidé par un prisonnier de guerre. Cachés dans un entrepôt agricole, ils échappent encore à un bombardement et seront enfin libérés le lendemain par un char anglais.
Georges Valois, de son côté est déporté au camp de Neuengamme où il se retrouve dans un groupe de déportés âgés, préposé aux tresses, en compagnie du marquis de Moustiers, du célèbre biologiste et dirigeant communiste Marcel Prenant, du général Bardi de Fourtou (de l'affaire Staviski) et de quelques autres " notables " de la Résistance " intello ".
Grâce à l’écrivain Louis Martin-Chauffier qui l'y a rencontré, dans ce même drôle de groupe de vétérans, nous savons comment il rêvait, encore là-bas, de refaire le monde...
Transféré au camp mouroir de Bergen-Belsen, Georges Valois meut, atteint du typhus, le 18 février 1945.
Avec la collaboration de Roger Maria publié dans le Pied de Rochefort, en 1996.

La salamandre était réputé habiter dans le feu et ne mourir que lorsque les flammes qui l'ont vu naître s'éteignaient. Certaines légendes ajoutent que c'est la salamandre qui a le plus puissant de tous les poisons car elle peut tuer beaucoup d'individus en empoisonnant l'eau d'un puits ou bien en grimpant dans un arbre et en empoisonnant ses fruits. Elle souffre de ce statut de reptile maudit, sa morsure rendrait un homme chauve ou pire... le tuerait. On pensait s'éviter cent jours de purgatoire en tuant cet amphibien.
La salamandre eut longtemps la réputation d'être totalement insensible aux effets du feu. On lui prêtait le pouvoir de traverser un brasier ou d'être jetée dans les flammes sans subir aucun dommage. Certains affirmaient même que son sang était tellement froid qu'elle pouvait éteindre le feu. D'ailleurs chez les anciens Égyptiens, le hiéroglyphe « salamandre » signifiait « homme mort de froid ».
La salamandre, ce petit dragon miniature, désignait aussi l'être élémentaire associé à l'élément Feu des Anciens. L'animal du même nom n'était en fait qu'une représentation symbolique de l'esprit élémentaire du Feu. La salamandre est un esprit du feu, comme l'Ondine est un esprit élémentaire de l'Eau, le Gnome un esprit élémentaire de la Terre, et le Sylphe un esprit élémentaire de l'Air.
Cet animal est un emblème royal utilisé par François Ier. Il y a dans les châteaux de la Renaissance de nombreuse représentations de la salamandre, notamment à Chambord. Généralement, l'hermine est l'animal qui représente la reine de France, épouse de François Ier.
La salamandre de François Ier est accompagnée de la devise : « Nutrisco et extinguo » (Je m'en nourris et j'éteins), qui peut s'interpéter comme je nourris le bon feu et j'éteins le mauvais (celui des mauvaises passions). Elle est aussi liée à la devise de Louis XIV : « Nec Pluribus impar » (Non égal aux autres). Diverses traductions et sens sont proposés : « unifié », « somme de toute chose », « supérieur à tous »...


Alors qu’il voyageait au Mexique et visitait des sites archéologiques amérindiens en compagnie d’un écrivain mexicain, le philosophe polonais Kolakowski en est venu à se demander « où sont les barbares ? ». Sont-ils du coté des conquistadores, lesquels sont barbares parce qu’ils ont voulu détruire une culture extra-européenne ? Ou bien ne seraient-ce pas plutôt du coté de ces Européens qui, devenus indifférents à leur propre tradition, posent l’équivalence absolue de toutes les cultures ? Dans ce cas on devrait paradoxalement admettre que les conquistadores seraient non seulement les derniers Européens, mais les derniers non-barbares. Car le relativisme absolu conduit à un indifférentisme et à une dissolution de tout ce à quoi l’on peut adhérer en quelque manière.
Il s’agit d’une boutade permettant surtout de prendre en considération ce problème capital : jusqu’où peut on aller dans la remise en question critique de soi-même. Peut-on aller, sans contradiction, jusqu’à approuver, le cas échéant, la barbarie dans un souci de respect des « autres » et de leur « altérité ». Il s’agit en effet de déjouer le piège dans lequel tombe le relativisme culturel en finissant par nier la différence même entre lui-même et ses ennemis.
Etre barbare, c’est être emprisonné dans son exclusivisme et son fanatisme. Si l’on est fier d’en être sorti, si l’on se pique d’avoir surmonté l’enfermement dans la clôture ethnocentrique, alors on ne peut s’interdire de condamner la barbarie éventuelle des autres. Faute de quoi l’universalisme se contredit lui-même :
« Il se nie s’il est généreux au point de méconnaitre la différence entre l’universalisme et l’exclusivisme […] entre soi-même et la barbarie ; il se nie si, pour ne pas tomber dans la tentation de la barbarie, il donne aux autres le droit d’être barbare ».
L’universalisme ne peut donc rester à l’intérieur de la culture qui l’a produit [la culture européenne] et s’arrêter aux frontières des autres cultures, par « respect de leur différence ». S’il ne veut pas se nier lui-même, il ne peut pas ne pas impliquer un certain prosélytisme. « L’universalisme se paralyse lui-même s’il ne se croit pas universel, c'est-à-dire propre à être propagé partout ».
Kolakowski évoque de manière frappante une situation concrète qui est plus actuelle que jamais, dans les pays européens ayant accueilli d’importantes populations musulmanes et où certaines organisations tentent de faire reconnaître la charia à l’encontre du droit européen : quelle attitude adopter face aux règles de la loi islamique qui prescrit notamment la lapidation pour la femme adultère (ou la flagellation pour les hommes), ou bien l’amputation de la main pour la fraude fiscale ?
« Si l’on dit, dans un cas pareil, « c’est la loi coranique, il faut respecter les autres traditions », on dit en fait : « ce serait terrible pour nous, mais c’est bon pour ces sauvages » ; par conséquent, ce qu’on exprime, c’est moins le respect que le mépris des autres traditions, et la phrase « toutes les cultures sont égales » est la moins propre à décrire cette attitude ».
Leszek KOLAKOWSKI, « Où sont les barbares ? », Le village introuvable, Bruxelles, Complexe, 1978, p. 110-111 commenté par Jacques Dewitte, L’exception européenne. Ces mérites qui nous distinguent, Paris, Michalon, 2008, p. 34-35.



Per me questa guerra non e’ finita! Non e’ solo la strofa di una bellissima canzone degli Intolleranza, ma lo stile di vita di questo soldato giapponese che non ha creduto alla fine della guerra ed e’ rimasto da solo nelle Filippine a difendere la sua postazione…. fino al 1974 quando il governo giapponese ritrova il suo comandante e lo invia ad Hiro per dirgli che la guerra e’ davvero finita!

Hirō Onoda, né le 19 mars 1922 à Kamekawa dans la préfecture de Wakayama au Japon, est un soldat japonais en poste sur l'île de Lubang dans les Philippines qui refusa de croire à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à la reddition du Japon en 1945 et qui continua la guerre seul jusqu'en 1974.
Issu d'une famille de six frères et sœurs, Hirō Onoda fait ses études au collège de Kainan. À dix-sept ans, il entre dans la société d'import-export Tajima-Yoko, spécialisée dans la vente de vernis à Wakayama, puis demande à être affecté dans une succursale de l'entreprise à Hankou en Chine. À vingt ans, le jeune Japonais est appelé pour son service militaire à intégrer le 61e régiment d'infanterie de Wakayama. Peu de temps après, Onoda est affecté au 218e régiment d'infanterie : destination Nanchang, où il retrouve son frère Tadao.
En 1943, Onoda arrive à Kurume, qui a une école d'une réputation effrayante sous les ordres du général Shigetoumi. Après trois mois d'entraînement intensif, Onoda regagne son unité d'origine. Le 13 août 1944, Onoda quitte Kurume pour rejoindre la 33e compagnie à Futamata qui est une annexe de l'école de Nakano dans laquelle sont formés des officiers commandos. En décembre 1944, Onoda fait partie des vingt-deux hommes formés aux techniques de la guérilla. Destination : les Philippines, territoire américain occupé par le Japon. Ils ont pour mission de retarder le débarquement des Américains sur l'île de Lubang, sur laquelle Hirō Onoda passera plus de trente années dans la jungle attendant que ses supérieurs lui donnent l'ordre de capituler.
En 1945, les troupes américaines reprirent l'île et presque toutes les troupes japonaises furent anéanties ou faites prisonnières. Cependant, Onoda continua la guerre, vivant d'abord dans les montagnes avec trois camarades (Yuichi Akatsu, Siochi Shimada et Kinshichi Kozuka). Un d'entre eux, Akatsu, se rendit finalement aux forces philippines en 1950, et les deux autres furent tués dans des échanges de coups de feu avec les forces locales – Shimada en 1954, Kozuka en 1972 – laissant Onoda seul dans la montagne. Pendant vingt-neuf ans, il refusa de se rendre, rejetant comme une ruse toute tentative de le convaincre que la guerre était finie. En 1959, il fut déclaré légalement mort au Japon.
Retrouvé par un étudiant japonais, Norio Suzuki, Onoda refusa obstinément d'accepter l'idée que la guerre était finie à moins d'avoir reçu de son supérieur hiérarchique l'ordre de déposer les armes. Pour l'aider, Suzuki retourna au Japon avec des photos de lui-même et d'Onoda comme preuve de leur rencontre. En 1974, le gouvernement japonais put retrouver le commandant d'Onoda, le major Taniguchi, devenu libraire. Il se rendit à Lubang, informa Onoda de la défaite du Japon et lui ordonna de déposer les armes. Le lieutenant Onoda quitta la jungle vingt-neuf ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, et accepta l'ordre de son chef de remettre son uniforme et son épée, avec son fusil Arisaka Type 99 toujours en état de marche, cinq cents cartouches et plusieurs grenades à main.
Bien qu'il eût tué une trentaine de Philippins qui habitaient l'île et échangé plusieurs coups de feu avec la police, on tint compte des circonstances et Onoda bénéficia du pardon du président Ferdinand Marcos.
Après sa reddition, Hirō Onoda alla s'installer au Brésil, où il devint éleveur de bétail. Peu après sa reddition, il publia une autobiographie, Ne pas se rendre : Ma guerre de Trente Ans, où il décrit sa vie de maquisard dans une guerre terminée depuis longtemps. En 1996, il est revenu visiter l'île de Lubang et a fait un don de dix mille dollars américains pour l'école locale. Par la suite, il a épousé une compatriote et est retourné vivre au Japon où il a créé en pleine nature un camp pour les enfants. Là, Hirō Onoda partage avec eux ce qu'il a appris sur la survie pendant ses années de vie solitaire.
Son histoire inspira plusieurs scénaristes. Son histoire est en partie reprise dans le film Salut l'ami, adieu le trésor avec Bud Spencer et Terence Hill et dans l'épisode « Un coin de paradis » de la série Agence Acapulco.




Son incrédule père n’avait pas cru devoir s’opposer à ce semblant d’instruction religieuse que des simulacres de prêtres, empaillés de formules, tordent comme du linge sale de séminaire, sur de jeunes fronts inintéressés. Il avait fait sa première communion sans malice et sans amour. […]. La mémoire et m’imagination, avaient tout simplement reçu cette vague empreinte littérale du symbolisme chrétien que de sacrilèges entrepreneurs jugent suffisante pour être admis au bachot de l’Eucharistie. Aucun débitant de formules ne s’était avisé de s’enquérir de son cœur, le pauvre enfant n’avait rien garder de ce pain mal cuit et, comme tant d’autres, l’avait revomi presque aussitôt sur ce chemin verdoyant de la quinzième année où l’on voit roder le grand lion à tête de porc de la Puberté.
Ce ne fut que beaucoup plus tard – après dix ans d’un impur noviciat dans les latrines de l’examen philosophique, étant déjà sur le point de prononcer de stercoraires vœux, qu’ayant parcouru, pour la première fois, le Nouveau Testament, durant l’oisive chaufferie de pieds d’une nuit de grand’garde, en 1870, il eut l’aperception immédiate, foudroyante, d’une Révélation divine ».
Léon BLOY, Le désespéré, (1887), Paris, Club des libraires de France, 1955, p. 46-47.

"Chez nous il n'y a rien à gagner, il n'y a pas le moindre espoir de profit personnel. Celui qui vient chez nous doit se sacrifier, donner la preuve de la force d'âme, de la générosité, de l'amour, du dévouement".
Corneliu Zelea Codreanu


“Une autre loi doit régir la loi du militant et du mouvement : l’amitié. UT SINT UNUM : qu’ils soient un ! Le vœu suprême laissé par le Christ aux siens avant de les quitter demeure le mot d’ordre destiné à régir toute communauté d’âme et d’action. De bien plus précieux, il n’en est pas que l’union entre tous ceux qui se dévouent à une même cause. Une telle unité, une telle unanimité n’ont pas de prix. Aucun sacrifice n’est trop lourd, aucune forme de l’abnégation trop pénible, quand il s’agit de maintenir l’accord entre militants, entre adhérents.
Certes il importe de veiller à la pureté et à l’intégrité de la doctrine. Mais à cette intransigeance sur le plan des idées doit s’allier la plus fraternelle et la plus large indulgence à l’égard de ceux à qui nous unit la même foi. Les dons les plus divers des hommes les plus dissemblables sont complémentaires. Chacun a ses qualités. L’art du chef et la vertu du bon militant est de voir en chacun des qualités dont personne n’est dépourvu, et non pas les défauts, de retenir en chacun ce qu’il est susceptible d’apporter de positif à l’œuvre commune, de s’attacher non à ce qui sépare, mais à ce qui unit.
Le militant qui entend servir avec plénitude et efficacité prend les hommes comme ils sont, et non pas comme ils devraient être. Jamais sa patience ne se lasse, ni sa mansuétude. Des meilleurs il exige beaucoup – car aux bons on ne demande jamais assez -. Mais il sait que tout le monde n’a pas en soi de quoi s’élever aux cimes. Il ne rebute pas les médiocres, il s’entraîne même, surmontant son dégoût, à supporter le contact des tièdes. Le conseil évangélique pour lui ne perd jamais son actualité. « N’achevez pas de rompre le roseau brisé et n’éteignez pas la mèche qui fume encore ». Du plus indolent et du plus fantasque, il est possible souvent de tirer quelque chose pour le bien de la cause.
Le bon militant, le vrai chef avale de bon cœur les pires couleuvres. Il encaisse les déceptions, ferme les yeux sur les faiblesses et les incohérences, ne tient pas rigueur des petites lâchetés. Seule la trahison ne trouve pas grâce devant lui.”
Abbé Jean-Marie GANTOIS
Testament Spirituel