martedì, 29 aprile 2008, ore 20:39

JesusFranco
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venerdì, 25 aprile 2008, ore 03:11

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venerdì, 18 aprile 2008, ore 14:20

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venerdì, 18 aprile 2008, ore 14:19



Des crimes directs, bien sûr –arrestations, tortures, exécutions et autres joyeusetés chères aux grands ancêtres sans culotte ou marxistes- mais aussi des forfaits plus indirects, psychologiques ou moraux, qui ne sont pas moins graves.
Ainsi notre société présentée comme celle de la liberté individuelle absolue est-elle en réalité devenue celle de la toxicomanie généralisée.
En son sein, des individus totalement atomisés cultivent, chacun de leur côté, leur petite addiction, leur triste dépendance compulsive et obsessionnelle qui masque tant bien que mal le vide d’existences réduites à l’utilitarisme le plus étriqué, piteusement agrémenté d’un hédonisme mécanique et vulgaire.
Cannabis, "shopping", télévision, jeux vidéo, alcool, pornographie, internet… tout est bon pour échapper au vide et à l’angoisse de l’absence de sens. Car le nœud du drame se situe bien là, dans cette absence de but, de signification à laquelle sont confrontées des générations dépouillées par la modernité de tout ce qui excède la fonction purement économique.
En quelques dizaines d’années l’ogre Capital est en effet parvenu à arracher à l’homme européen à la fois ses liens horizontaux (famille, communauté, peuple…) et ses liens verticaux (spiritualité, religion, histoire…), rejetant sur le trottoir pouilleux du mercantilisme déifié un hominidé sans foi ni conscience passant sa vie à occuper des "jobs" que bien souvent il exècre mais qui lui permettent de s’offrir des gadgets dont il n’a pas besoin et quelques soirées de défonce et d’oubli chaque fin de semaine.
Peut-on concevoir des issues à cette spirale de déréliction ?
Bien sûr, car le renoncement facile est justement le plus utile et sûr allié de ce système infect.
Les solutions passent tout d’abord par une rupture personnelle effective, d’abord partielle puis totale, avec ces comportement de drogués de l’avoir qui nous déshumanisent un peu plus chaque jour.
N’acheter que l’indispensable, donner autant et aussi souvent que possible, échanger des services, ne plus aspirer aux artifices, ne plus juger sur l’apparence, retrouver la simplicité perdue…
De cet effort individuel, difficile et immense mais indispensable, naîtront les alternatives collectives et communautaires qui recréeront les solidarités charnelles aujourd’hui totalement dévastées.
Tendons la main à nos frères, appelons le camarade que l’on sait isolé, passons nos bras confiants autour de l’épaule du maltraité ou du timide et allons ensemble marcher sur les routes et chemins de notre continent, allons danser, faire du sport, militer, chanter, réciter des poèmes, construire de nouvelles forteresses et ripailler ! Car cette gigantesque fuite dans les drogues se nourrit sans doute avant tout de l’ennui et de la plus cruelle des solitudes : la solitude au milieu de la foule anonyme, celle que l’on peut aussi bien ressentir dans le brouhaha d’une discothèque, au cœur d’un amphi bondé ou dans le ventre du métro aux heures de pointe.
La solitude de ceux qui veulent vivre et pas seulement être vivants.
 
P. Chatov (http://id.novopress.info)

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giovedì, 17 aprile 2008, ore 19:54

Zentropa

Possiamo immaginare un esito piu’ perfetto dell’ideale egualitario quanto la moda dei “blogs”? Fenomeno al culmine della modernità, ecco finalmente il vettore che permetterà il definitivo stabilimento della tirannia del “tutto vale tutto”, del regno della multitudine e del trionfo dell’egocentrismo nevrotico.
Amici, il vostro parere é importante, anzi cruciale, cosi’ degno d’interesse che merita un supporto e dei lettori! Signori e signore, fatevi un blog e finalmente esisterete di fronte agli occhi altrui! Scrivete qualunque cosa e dopo qualche giorno avrete ai vostri piedi un piccolo esercito di lettori attenti, ammiratori o contraddittori, non importa! Quello che conta é essere visti! Non dimenticate di esibire la vostra email in modo che qualcuno vi contatti in privato…se ci sono punti in comune, non si sa mai! Fatelo con uno pseudonimo femminile é li’ il trionfo é certamente assicurato…
Cominceranno sicuramente parlandovi di Monteverdi e della superiorità della monarchia sulla democrazia prima di reclamare il vostro numero di telefono…Il genio francese non é morto! E in piu’ tutto cio’ é gratuito e non richiede nessuno sforzo! Cosa volete di piu’?
Non perdete piu’ tempo a leggere, a riflettere, a agire, a lavorare, a correggere, a provare…accontentatevi, durante i vostri orari d’ufficio preferibilmente, di spargere la vostra arroganza e la vostra marcia intimità in rete! Una tale scappatoia alla noia fondamentale che ricopre i vostri giorni non ve la proporranno due volte! Non riunitevi piu’, non cercate piu’ soluzioni collettive, non passate piu’ le notti a discutere e a bere, non incollate piu’ i manifesti, non distribuite piu’ i volantini, non camminate piu’ per strada o nei boschi, non cantate piu’ attorno ai fuochi, non picchiatevi pu’…ognuno per sé e MSN per tutti! Alleluia, é una magnifica nuova libertà conquistata dal fiero cittadino “interessato” e “implicato” che ha delle “cose da dire”!

Razzisti timidi, reazionari complessati, vergini con carenze di prostituzione, prostitute con carenze d’intellettualismo, impiegati di stato cannaioli che sognano la rivoluzione, paurosi a cui mancano le invettive, spalle strette che s’immaginano vichinghi, disoccupati elogiatori dell’ultra-liberalismo, ecco finalmente il ricettacolo delle vostre vigliaccherie, delle vostre disfatte, lo scaricatore di tutto quello che non osate accettare in cio’ che chiamate la “vita reale” anche se alla fine le consacrate meno tempo che all’altra.
Vi concedono un nuovo modo di comunicazione, soprattutto non usatelo per trasmettere delle idee, promuovere delle opere, far riscoprire momenti dimenticati, offrire delle alternative, creare nuove forme, coordinare delle azioni, fissare obiettivi piu’ alti…no, no, non fatelo…parlate dell’unico soggetto che conta: voi…parlate delle vostre giornate, dei vostri piccoli mali di borghesi ben nutriti, delle vostre ossessioni genitali e spiegate bene perché, vivendo in tutto e per tutto come chiunque altro, siete superiore a tutti gli altri!

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giovedì, 17 aprile 2008, ore 15:17

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giovedì, 17 aprile 2008, ore 15:16

Jean-Eugène-Paul Kay est né le 5 janvier 1943 à Miliana en Algérie. Il est un aventurier et un écrivain français. Ses luttes sont diverses, de l’Algérie française au Cabinda, en passant par le Yémen , le Liban , ...«pirate au grand cœur» pour certains, «baroudeur illuminé» pour d’autres, il dira de lui même ne pas combattre pour l’argent mais pour défendre son idéal, «les valeurs chrétiennes», et la lutte contre le communisme, «cette idéologie productrice de misère, de corruption, d’injustice et de mort».
Il passe peu de temps dans sa ville natale, Miliana.
Très tôt, son père, officier des transmissions dans l’armée de terre, a été muté à l’école militaire de St Cyr Coëtquidan en Bretagne. Un de ses frères est aussi officier. Il séjournera également à Paris pendant sa scolarité en internat. Il perd sa mère à l’âge de huit ans. Il reçoit donc une éducation assez rigide, sans mère, dans une famille dédiée à l’art de la guerre, bercée de traditions chrétiennes.
En 1961 il est caporal dans l’armée française. Son corps d’armée est basé à Montélimar, mais en intervention à Maison-Carrée en Algérie, là où les "évènements" font rage depuis 1954.
Est-ce à cause de ses origines pieds-noirs, d'un souvenir de cette Algérie qu'il n'a pas vu depuis ses années d'enfance? Est-ce une réelle envie de défendre des valeurs "occidentales", judéo-chrétiennes, de ne pas voir tomber aux mains de musulmans cette terre que les "pieds-noirs" connaissent depuis 130 ans? On ne sait si c'est par nostalgie, souvenir de ses premières années, ou par un réel désir de défendre des valeurs d'un autre temps (liées également d'une part à des intérêts économiques, les "pieds-noirs" étant les principaux détenteurs des richesses du pays, et d'autre part à des intérêts politiques, les mouvements d'indépendance étant soutenus indirectement, en ces temps de Guerre Froide, par Moscou, via l'Égypte socialisante de Nasser), toujours est-il que Jean Kay rejoint les rangs des défenseurs de "l'Algérie française", qui emploie les mêmes méthodes que l'organisation adverse: le terrorisme aveugle et une violence extrême. Il déserte donc pour l’OAS ; il sera dans les terribles « commando Delta  », la branche armée "opérationnelle" chargée des attentats et exécutions.
Il collabore aux émissions pirates de Radio France, commet un ou plusieurs attentats, est arrêté, emprisonné à la prison de la Santé  puis au fort d’Ivry (région parisienne), où il purge une peine de huit mois. Cette inactivité lui permet de lire et découvrir Pierre Drieu La Rochelle, Robert Brasillach, et André Malraux. Il est réintégré dans l’armée, à la caserne Dupleix à Paris. En 1962, le 18 mars, les accords d’Évian établissent l’indépendance  de l’Algérie. Il déserte à nouveau, définitivement. Ici commence sa vie de mercenaire.
En 1963 il est en Espagne à Alicante, où il rencontre des anciens de l’OAS, accueillis par le régime franquiste. Ses cheveux blonds lui feront avoir le surnom d'el rubio. Pendant son séjour, il rencontre Marie Louisa (Marisa). Ils auront une fille: Eva, qui naîtra pendant son absence au Yémen.
En février 1964, à la demande du «commandant» Roger Faulques , ancien du 1er REP, sous couvert de Jacques Foccart et de son réseau Françafrique, il part pour le Yémen, dans la 1re armée royaliste de l’Imam El Badr, commandée par le prince Mohamed Ibn Hussein, financée par l’Arabie saoudite, contre les républicains soutenus par les Égyptiens de Nasser, auteurs du coup d'état de 1962 qui proclamait la république. Il rejoint l’équipe du déjà célèbre mercenaire Tony de Saint-Paul, qui était arrivé avec les hommes de Faulques  en septembre 1963, et qui vient de mourir deux mois plus tôt, fin décembre. Il s’occupera entre autres choses des transmissions, et sera blessé à la main, en gardant pour toujours une vilaine cicatrice.
Est il avec Bob Denard, qui s’y trouve également? Quoiqu’il en soit, on peut penser de façon quasi-certaine, en lisant entre les lignes de son livre Le guerrier de l’espoir, qu’il est enrôlé dans le mouvement fasciste Les Guerriers du Christ-Roi. C’est aussi à cette période qu’il commence à rédiger ce qui sera plus tard «L’arme au cœur».  Les républicains gagnent et prennent le pouvoir au Yemen Nord.
1967 est l’année de la Guerre des Six Jours du 5 au 11 juin, qui voit le Liban se faire envahir par les réfugiés Palestiniens, de la fin de la première guerre du Yémen, et de la tentative de d’indépendance du Biafra. La sécession de la province nigériane est déclarée le 30 mai par le Colonel biafrais Odumegwu Emeka Ojukwu, encouragée par la France, incarnée en Afrique par Jacques Foccart, qui livre armes et mercenaires, dirigés par le légionnaire  Rolf Steiner. Jean Kay en sera.
Les mercenaires se battent sans armes lourdes, à un contre deux, face aux troupes nigérianes du général Yakubu Gowon soutenu par les Anglais et les Russes. Jean Kay échappe de peu à la mort à bord d’un DC3 chargé de bombarder un destroyer anglais. Mais la cause est perdue d’avance, et c’est la débâcle pour les mercenaires. Jean Kay devra, et ce sera peut être pour lui le début d’une prise de conscience, abandonner un jeune garçon qu’il avait adopté.
Fait-il (encore ?) partie de l’équipe de Bob Denard ? Le suit-il ensuite au Katanga soutenir Moïse Tshombé, dans l’équipe des «affreux» ?.
Toujours est-il qu’en 1968 on le retrouve au Moyen-Orient. Il y entraîne, à Tabrieh au Liban, les phalanges chrétiennes maronites, dans le groupe de résistance «Tanzim » de Fawzi Mahfouz Abou Roy, à l'appel de Bachir Gemayel.
Il y rencontre également sa deuxième femme, Seta Vanerian, une esthéticienne d’origine arménienne, qui a fui la France après mai 68, pour intégrer le tout récemment créé Front populaire de libération de la Palestine. Ils se marient à Beyrouth suivant le rite orthodoxe, la religion de sa femme, le 25 février 1971. Ils auront une fille, Emmanuelle.  Il dit volontiers avoir eu une prise de conscience du malheur des populations civiles pendant sa période en Afrique noire, et vouloir lutter à présent en leur faveur.
En 1971, Jean Kay est à Paris où il y termine probablement son livre L’Arme au cœur, dans son studio du 15e arrondissement, près du logement de son père, colonel en retraite. Une de ses idoles, André Malraux , alors qu'il a 70 ans, se déclare prêt à partir combattre pour la liberté de ce qu'on appelle à l'époque le Bengale, ou "Pakistan oriental". Pour défendre ce peuple opprimé qui demande à faire scission du Pakistan, ce "pays enragé par son indépendance", l'ancien ministre adresse une "Lettre au président Nixon" dans le quotidien "Le Figaro" du 17 décembre (page 1 et 3) et déclare vouloir y partir lui-même. Il renonce finalement, mais pas Jean Kay: le 3 décembre 1971, le mercenaire prend en otage les passagers et l’équipage d’un avion, le vol 711 de la Pakistan International Airlines à Orly, pour réclamer des médicaments pour le Bengladesh, en les menaçant d’une arme à feu et d’une bombe, contenue dans une sacoche d’où sortent des fils électriques de mise à feu. Il est arrêté après quelques heures, lors du prétendu chargement des médicaments, un leurre de la police pour monter à bord, non sans avoir fait feu sur un de ses assaillants. Le sac du pirate n’était rempli que de livres, dont une bible, et un rasoir électrique d’où sortaient les fameux fils, qui simulaient une bombe...
Quelques jours plus tard, le 16 décembre, c’est l’indépendance du Bengladesh par scission avec le Pakistan.  Il est à noter qu’André Malraux, grand défenseur du Bengladesh naissant, témoignera en sa faveur à son procès en octobre 1973. Il est condamné à 5 ans de prison avec sursis; il est donc libéré.
Le livre L’Arme au cœur de Jean Kay est publié, puis son roman Les Fous de guerres, écrit en détention. Il sort donc de prison fin 1973, et ce long séjour lui a probablement permis de tisser quelques liens dans le «milieu» du banditisme; la suite de sa vie le montrera. Puis il repart au Liban, et entraîne à nouveau les «phalanges chrétiennes».
Le 24 avril 1974, au Portugal, c’est le début de la Révolution des œillets qui renverse le régime fasciste « salazariste » de Marcelo Caetano. Le 30 juin 1974 des membres du FLEC, qui souhaitent l’indépendance totale du Cabinda, rentrent d’un exil de 7 ans du Zaïre, et ouvrent une représentation à Cabinda-ville. Jean Kay, qui fait alors partie du « Paladin group », part avec ses mercenaires pour l’Angola, encadrer le FLEC du commandant Bissafi, pour la « libération » et l’« indépendance » du Cabinda. Ils font face aux forces angolaises du MPLA, qui s’opposent aux portugais. Ils vont réussir leur mission, et, le 10 août 1974 le gouvernement congolais envoie à Cabinda une troupe commandée par José Auguste Tchioufou, directeur-adjoint d’Elf-Congo, responsable du « FLEC Rouge », installée à Pointe-Noire, qui s’auto proclame Président du Cabinda. Le 19 septembre, le Cabinda est annexé par le MPLA de l’Angola, qui chassera le 2 novembre le FLEC et les mercenaires, dont Jean Kay. C’est la fin de la «libération» du Cabinda, maintenant envahi par les forces angolaises, et rattaché au pays. L’indépendance de l’Angola est proclamée à Luanda, par Agostinho Neto du MPLA, président de la République populaire, le 11 novembre. Jean Kay et ses mercenaires fuient les troupes angolaises au Congo, et, fait prisonniers, sont extradés vers la France en septembre 1975 après neuf mois de prison à Brazzaville. Jean Kay devient père, pour la troisième fois, pendant son "séjour" angolais, en juillet 1974, de Patricia, née à Beyrouth.
En 1975, en Espagne, le 20 novembre, la mort de Francisco Franco permet la restauration de la monarchie. A partir de cette date, les groupes anti-communistes, d’extrême droite, hébergés jusqu’alors par le régime franquiste ne sont plus bienvenus; ils cherchent refuge essentiellement en Amérique du Sud, essentiellement dans le Chili de Pinochet ou dans l’Argentine et sa junte. Pour les anciens de l’OAS, c’est le début de l’activisme sud-américain et de la coopération dans la lutte anti-communiste avec la CIA.
En ce début 1976, Jean Kay est à Paris. Il fréquente ses anciens amis, des ex-OAS, des mercenaires, dont certains ont mal tournés, à l'instar de Jacques Prévost, conjuré du "petit-Clamart" et participant au rapt en décembre de Louis Hazan, PDG de Phonogram. Il vit à Boulogne-Billancourt avec et dans l'appartement de Danièle Marquet, qu'il connait depuis 1972.
Cette dernière a pour amie Bernadette Roels, 36 ans, une ex-prostituée convertie en gérante de restaurant (au 42 rue du rendez-vous à Paris 12e) grâce à l'argent de son amant depuis plusieurs mois : Herve de Vathaire.
Ce dernier, 48 ans, directeur financier de Dassault aviation depuis 24 ans, vient de perdre sa femme Chantal le 19 avril, qui a succombé à un cancer. Sa conscience l'avait poussé depuis plusieurs années à constituer un dossier fiscal compromettant contre son patron. Il rencontre Jean Kay par l’intermédiaire de Bernadette Roels et son amie, Danielle Marquet, la compagne de Jean Kay. Les deux hommes sympathisent, le financiers séduits par la personnalité hors norme de Kay, ce dernier par ses proximité avec l'argent. Tous deux échafaudent un plan : grâce au dossier de de Vathaire, ils décident de faire chanter Dassault. Du 6 au 10 mai, tous deux, accompagnés de leur amies, se rendront en voyage à Miami, en Floride, aux États-Unis; suivant les sources, il s’agira soit de vacances, soit d’une rencontre avec des exilés cubains anti-castriste, et a fortiori anti-communiste. Jean Kay dira à de nombreux amis, dont le journaliste Alain Leluc venu le rencontrer dans un hôtel de luxe à Collins Avenue dans Miami Beach: « je suis sur une affaire d’un milliard ».
Mais à leur retour en France, Jean Kay a une meilleure idée: il subtilise le dossier du directeur financier et le fait chanter à son tour : le 6 juillet, de Vathaire se rend à la succursale de la BNP au 24 avenue de la Grande Armée à Paris, et retire simplement, grâce à la signature qu'il a sur le compte de son patron, et à la confiance qui a obtenu du personnel de l'agence, 8 millions de francs (800 millions d’anciens francs, 1,2 million d’euros, 1,6 million de dollars de l’époque), soit 16 mille billet de 500 francs, sur le compte de Marcel Dassault, qu’il met dans deux gros sacs; puis il disparaît avec Jean Kay. Les deux compères semblaient ne pas craindre de poursuites, puisqu'ils passent tranquillement leur première nuit dans l'appartement de Boulogne de "Dany" Marquet, puis la nuit du 7 dans le "Grand Hotel du Chateau" à Divone, près de la frontière suisse. Apprenant la plainte de Dassault, la fuite commence.  De Vathaire seul sera retrouvé, en Grèce, où il s’est livré à la police, mais sans l’argent. Jean Kay est, lui, introuvable. Trois millions seront tout de même retrouvés sur deux comptes en banque Suisse, l'un au nom de Kay, l'autre de sa compagne Danièle.
Le 27 août, 2 jours après la démission de Jacques Chirac (impliqué dans le dossier de de Vathaire, qui dénonce les versements occulte de Dassault au RPR) de ses fonctions de premier ministre (démission politique sans rapport avec cette affaire), la presse est au courant et l’affaire de Vathaire éclate au grand jour.
La destination de la somme disparue reste mystérieuse. Pour certains, elle aurait financé les Phalanges chrétiennes libanaises en pleine guerre civile et aidé des anciens de l’OAS en Espagne ; pour d’autres, elle aurait financé deux cambriolages ayant pu servir à alimenter des réseaux internationaux d’extrême droite : le casse de la Société générale de Paris en août 1976, et le casse de Nice d’Albert Spaggiari, le week-end du 17 juillet 1976, dont Jean Kay est peut être aussi dans l’équipe, avec, entre autres, des anciens de l’OAS (dont un certain «le Targui», accompagné de «Mireille», et un certain «la baraka». Albert Spaggiari a lui aussi été à Miami avant son casse. Les deux affaires sont elles liés à la lutte anti-communiste américaine ?
Quoi qu’il en soit, Jean Kay gardera une grande partie de la somme volée, puisqu’il en dira cinq ans plus tard : « J’ai eu le Nirvāna de l’argent. Je pouvais tout acheter : un avion, un yacht de luxe, une hacienda en Argentine...».
Après l’arrestation de de Vathaire, son co-équipier de fortune, en Grèce, pays où il a acheté un voilier à Athènes dont il ne peut se servir, Jean Kay tente de fuir au Liban rejoindre ses amis du Tanzim. Interpol et «certains services secrets» sont à ses trousses. À partir de 1977, il fuit un peu partout : Espagne, Portugal, Suisse, Singapour, Miami, et certains vont même le considérer comme mort. Il atteint finalement l’Angleterre, où il achète un deuxième bateau et commence sa fuite maritime, avec sa compagne Danièle. En 1981, le magazine Paris Match, sous la plume d'Alain Leluc, ami de Jean Kay, le retrouve en Inde, toujours accompagné de son amie "Dany", et le dit «clochard», habitant un refuge au pied de l’Himalaya, se nourrissant d’un bol de riz par jour. Il déclare «avoir trouvé la Paix», et aime à dire que pour lui, «l’avenir n’existe plus».
Pourtant, en 1982, à New Delhi, l’avenir frappe à sa porte en lui présentant Fiona Field, une des filles de Marshall Field III, fondateur de l’empire Field aux États-Unis. Elle fuyait la vie occidentale d’héritière d’une des plus grosses dynasties américaines en menant une vie de bohème, allant de communautés hippies en voyages initiatiques. Il vivront ensemble. Au début 1984, chassés d’Australie, on les retrouve à Calcutta, où Jean Kay est à nouveau en prison, pour des troubles à l’ordre public. Ils sont finalement expulsés. En1985 sa femme Fiona donne naissance dans les Caraïbes à la quatrième fille de Kay, Jeanne.
Ils vivront en mer jusqu’à l'âge de la scolarisation de leur fille.

La retraite ?
Les années 90 voient la fin (temporaire) de la cavale maritime. Jean Kay et sa famille vivent à terre, entre Espagne (Alicante, Barcelone) et la région de Toulouse, pour élever leur dernière fille. En 1997 il publie son autobiographie, Le Guerrier de l’Espoir. Mais un évènement tragique viendra perturber cette vie de terrien dans le Sud de la France : le 24 février 2000 sa femme Fiona décède tragiquement. Jean Kay publie son nouveau livre tiré de l'épisode «Calcutta» 15 ans plus tôt : «l’île où l’amour est descendu sur terre». Il repart vivre en mer avec sa fille en 2004. En 2007, sa dernière fille part suivre ses études aux Etats-Unis. Y étant interdit de séjour, il vit désormais sa clandestinité seul, entre son catamaran et le sud-est de la France.
 
1972 : L’Arme au cœur, Denoel, 1972 (ISBN B0000DOIQ3) (autobiographie)
1973 : Les Fous de Guerre (la vie d’un mercenaire de Teruel au Yémen), 1973 (ISBN B0000DOURU) (roman)
1997 : Le Guerrier De L’espoir, Robert Laffont, 1997 (ISBN 2221085795) (autobiographie)
1998 : L’Île ou l’amour est descendu sur terre, Robert Laffon, 1998 (ISBN 2221089359) (roman autobiographique)
2000 : Les Saintes (récit autobiographique paru sur internet)
2000 : Trois Rivières (récit autobiographique paru sur internet
 

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giovedì, 17 aprile 2008, ore 15:11

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giovedì, 17 aprile 2008, ore 13:03

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giovedì, 17 aprile 2008, ore 00:01

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 23:59

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 23:41

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 23:17

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 17:58

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 15:28

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 14:45

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 14:43


 
Le discordianisme est une religion basée sur le chaos inventée vers la fin des années 1950 en Amérique. Elle est décrite à la fois comme un canular déguisé en religion, et comme une religion déguisée en canular, à moins que ce ne soit une religion déguisée en canular déguisé en religion, ou l'inverse.
Cette religion est surtout répandue aux États-Unis, et la quasi-totalité des textes discordiens sont écrits en anglais. Le Discordianisme n'est pas tant une religion qu'un ensemble hétéroclite de traditions tournant autour d'une philosophie Zen mêlant toutes les mythologies et tous les paradoxes que veulent bien y verser les participants.
 
Le texte fondateur du discordianisme sont les Principia Discordia écrits par Malaclypse the Younger (Greg Hill). Ce livre fait référence à deux autres ouvrages: le Vrai Livre de la Vérité, ressemblant dans son format à la Bible, et le Livre des Explications révélé à Lord Omar Khayyam Ravenhurst (Kerry Thornley) et ressemblant au Livre de Mormon. D'après les Principia Discordia, ce dernier livre aurait été pris par un éboueur qui a refusé de le rendre.
 
Beaucoup de religions cherchent à définir une harmonie ou un ordre concernant l'Univers, mais le discordianisme cherche au contraire à faire accepter la discorde, le désordre et le chaos présents dans le monde comme étant, autant que l'ordre et l'harmonie, parfaitement naturels et désirables. Ainsi le discordianisme est une antithèse, sur le plan dialectique, de plusieurs religions basées sur l'ordre, même si sur le plan rhétorique les Principia Discordia s'attaquent parfois à l'ordre et tiennent le chaos comme véritable impulsion de l'Univers.


Le discordianisme est plutôt monothéiste, tenant Eris, la déesse grecque de la discorde, comme Mère de tout ce qui est et de tout ce qui n'est pas, qui s'adresserait à chacun à travers la glande pinéale, un organe qui se trouve au centre du cerveau.  Le discordianisme s'oppose fondamentalement à l'organisation, mais propose malgré cela une structure officielle, dans laquelle on trouve la société discordienne dont la définition est qu'elle n'a pas de définition. À l'intérieur de cette société se trouvent les diverses sectes discordiennes dirigées par un "Episkopos" (mot grec ayant donné "épiscopal"), qui reçoit ses instructions directement d'Eris.

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 14:41

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 14:39


 
Stefano et Virgilio Mattei (22 et 8 ans - M.S.I. - Rome 16.04.73).
Brûlés vifs dans l’incendie de leur appartement du quartier Primavalle, provoqués par trois militants de “Potere Operaio”.

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 03:35

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mercoledì, 16 aprile 2008, ore 00:08

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martedì, 15 aprile 2008, ore 14:21

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martedì, 15 aprile 2008, ore 14:21

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martedì, 15 aprile 2008, ore 14:19


 
Comment un mouvement prônant des valeurs positives et un mode de vie sain (refus des drogues, de l’alcool, du sexe sans sentiments) peut-il en arriver à être classifié comme un gang par la police de Reno dans le Nevada* ? Petite histoire d’une philosophie de vie issue d’un courant musical, d’une chanson même, et ayant essaimé partout dans le monde. Le Straight Edge, une révolte contre le monde moderne ?

Enfin, je peux penser !

Le mouvement Straight Edge voit le jour au sein de la scène musicale hardcore (dérivé plus rapide et agressif du punk-rock né aux USA).
À l’origine il s’agit simplement d’une chanson du groupe Minor Threat qui réagit aux attitudes autodestructrices constatées chez les "kids" dans les concerts. Mais rapidement le groupe est lui-même dépassé par ses fans et ce qui n’était qu’un texte devient un véritable manifeste pour une partie du public. Les règles qui vont servir de base à ce qui est en train de devenir un mouvement vont aussi être trouvées dans une autre chanson de Minor Threat, Out of Step, dont le refrain proclame : "Don't smoke, Don't drink, Don't fuck, At least I can fucking think". Les bases sont posées : refus de l’alcool, des drogues (le "Don’t smoke" faisant surtout référence à la marijuana, bien que le tabac soit aussi considéré comme une drogue dans le Straight Edge) et de la débauche sexuelle.
Sur ce dernier point, il existe des divergences de vue ou d’interprétation. Pour la majorité il s’agit de refuser les rapports sexuels en-dehors de sentiments ou d’une réelle relation. D’autres vont plus loin et prônent l’abstinence avant le mariage (ce type de comportement étant plus largement répandu aux USA, en-dehors même du mouvement Straight Edge).

Rapidement, une image va être associée au Straight Edge, le mouvement devenant presque "branché". Les Straight Edge d’un printemps - s’associant au mouvement pour "faire bien" - vont d’ailleurs faire l’objet de plusieurs chansons, les plus intègres considérant que l’engagement doit être total. C’est aussi ce type de réflexions qui amènera ensuite certains d’entre eux à se diriger vers une voie plus radicale dont nous reparlerons plus tard. Le symbole "X" va aussi être associé au Straight Edge, souvent par trois ("XXX" pour l’alcool, les drogues et le sexe) et Straight Edge va ainsi être souvent résumé en "SxE". L’origine de ce symbole vient du X tracé sur la main des jeunes de moins de 21 ans dans les concerts, signifiant que ceux-ci n’ont pas le droit d’acheter de l’alcool.

Bien que nous ayons vu à quel point son groupe a influencé le Straight Edge, Ian MacKaye (chanteur de Minor Threat) refuse pourtant d’être considéré comme le fondateur du mouvement et affirme que Minor Threat n’était pas un groupe SxE : "Je pense que l'idée du straight edge, de la chanson que j'ai écrit, et de l'interprétation qui en a été faite, a été déformé par certaines personnes. Ils ont modifié, avec leur fondamentalisme, le vrai message, qui dans mon esprit, était qu'on devrait permettre aux gens de vivre leurs vies comme ils le veulent. Généralement, je pense que la plupart des personnes qui s'identifient avec cela sont juste de bonnes personnes, qui ont essayé de faire quelque chose de bien de leurs vies, et que c'est une honte qu'elles doivent souffrir le genre de stigmate que d'autres ont collé à cette attitude. Mais pour ce qui en est devenu un mouvement, ou autre chose car ce n'est pas vraiment un mouvement pour moi, je ne l'ai jamais conçu."

La seconde vague

La première vague (avec des groupes comme 7 seconds, Negative FX) s’essouffle assez vite et il faut attendre l’arrivée du courant "youth crew" emmené par le groupe Youth of Today pour constater un réel renouveau. La plupart de ces groupes vont ajouter les idéaux végétariens et "vegan" (refus de la consommation de toute substance liée à l’exploitation des animaux) à l’apport initial du Straight Edge. Le groupe Refused, en Suède, a amené une véritable explosion du SxE et du véganisme en y alliant aussi une conscience sociale de type libertaire.
Les années 90 vont marquer le début d’une autre phase pour le mouvement qui va prendre une véritable ampleur internationale avec des milliers de groupes se reconnaissant comme Straight Edge. De gros labels comme Roadrunner ou Victory Records vont aussi produire des groupes SxE, participant à cette popularisation. Parmi les groupes majeurs on peut citer Snapcase, Erth Crisis, Strife, Ten Yard Fight, 25 ta life. Certains d’entre eux se placeront même dans les charts (NDLR : "Meilleures ventes") américains. Cette commercialisation du mouvement va aussi entraîner des dissensions, certains voulant rester dans la logique du DIY (Do It Yourself) cher à la scène punk et refusant l’immersion des majors du disque dans leur scène. Cette période va même voir le SxE se répandre en-dehors de la scène hardcore et des groupes pratiquant d’autres types de musique vont se définir comme Straight Edge. Ce fut notamment le cas du DJ Moby (qui chantait dans un groupe punk plus jeune).

Radicalisation, dérive violente

Une frange du Straight Edge a connu une radicalisation connue sous le nom de "hardline" (littéralement la ligne dure). À la base du hardline on trouve la formation Vegan Reich, qui deviendra plus tard Vegan Jihad quand ces membres vont se convertir à l’Islam. Ils ne seront imités en cela que par peu de personnes… Pour le SxE hardline, le refus de la débauche devient le refus du sexe avant le mariage et l’hostilité à l’homosexualité, le respect de la vie devient la participation au mouvement pro-vie à travers des actions contre l’avortement, et le refus des drogues devient la chasse aux dealers dans les rues (de Reno par exemple…) ou le tabassage en règle des jeunes consommant des drogues dans les concerts.

Aussi "moderne" et mondialisé soit-il, le mouvement Straight Edge constitue un véritable exemple de philosophie de vie né (là où on ne l’attendait pas) en réaction au nihilisme et à la décadence ambiante. Et, malgré toutes les critiques que l’on pourrait développer, peut-on reprocher à des jeunes d’essayer de s’extraire de la pourriture ambiante pour tenter de suivre la route droite ?

Philippe Vardon (http://id.novopress.info/)
 
* Reno Gazette Journal du 30 mai 2005
** Interview récente au site scenepointblank.com

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martedì, 15 aprile 2008, ore 14:06


Mardi 15 avril 2008

 

Invité :
Jean-Charles Gaffiot
Historien de l’Art
Conseiller Technique du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola
Co-auteur du Livre noir de la Révolution française, Ed. du cerf

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martedì, 15 aprile 2008, ore 14:04

JesusFranco
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martedì, 15 aprile 2008, ore 14:02

 

Zentropa

Un des traits les plus étranges, et les plus insupportables, de la psychologie moderne est peut-être la totale confusion entre « avoir de la personnalité » et « exprimer son égoïsme et son égocentrisme ».

En effet, aujourd'hui, tout ce qui peut, de près ou de loin, être assimilé à de l'altruisme, de l'humilité, du don de soi, de l'abnégation discrète, de la reconnaissance silencieuse ou de l'admiration muette est considéré comme de la faiblesse, voir, horresco referens !, de la « soumission ». Et comme chacun sait, toute « soumission » est indigne et infâme, non pas seulement lorsqu'elle est imposée mais même quand elle est choisie… Abjecte par sa nature même qui veut que l'on reconnaisse n'être pas l'individu le plus exceptionnel de l'univers créé, demi-dieu formidable « se suffisant à lui-même », mais un simple héritier doublé d'un serviteur, redevable du passé et débiteur des formes, principes, valeurs, et pourquoi pas personnalités, supérieurs qui entourent ses jours.

Dorénavant, hors de soi, point de salut ! Pour exister et briller socialement il convient de brasser du vent et de faire du bruit afin de s'imposer dans le grand carnaval des relations humaines ! Quel qu'en soit le prix !

Voici venus les temps de l'homme-gyrophare !

Pour capter un peu du regard de cette masse immonde et veule qu'on appelle « les gens », il faut se faire remarquer par tous les moyens possibles, les plus vils étant, bien sûr, privilégiés. Il est ainsi désormais vital de se « distinguer » en crachant à la gueule du monde le petit glaviot de sa « différence » et de son « originalité », évidemment fictives mais que l'on fera exister artificiellement quelques instants par les pitoyables procédés de la « contradiction systématique », du « contre-pied mécanique » ou de la « provocation stérile ».

Cette tendance est notamment abominablement prégnante dans le fonctionnement quotidien d'une foultitude de prétendus couples dont les membres, en apparente concurrence permanente, ne semblent pas avoir d'autre but que d'exhiber aux yeux d'autrui non pas ce qui les rassemble et les unis mais au contraire ce qui les différencie et les sépare, chacun voulant à tout prix prouver que sa formidable (et unique !) personnalité n'a nullement été oblitérée par la vie commune. D'où la grotesque et infinie compétition à laquelle s'adonnent ces paires d'égoïstes incapables de solitude qui ne seront jamais des couples véritables et encore moins des foyers. Rien ne leur tient plus à cœur que de faire la démonstration de leur supposée « indépendance » et de leur position « dominante » dans le « fonctionnement relationnel » auquel se résume leur collage plus ou moins éphémère.

Ainsi les disputes perpétuelles, les désaccords affichés et les sempiternelles contradictions sont-ils peu à peu devenus des preuves de « santé », de « vitalité » et de « caractère passionné » d'une relation conjugale liant « deux fortes personnalités » alors que ce ne sont en réalité que les tristes et piteux prolégomènes de l'échec inéluctable de deux crétins bouffis d'égoïsme et de prétention, incapables se sacrifier la moindre parcelle de leurs egos hypertrophiés pour fonder une entité plus grande et plus digne que la somme de leurs deux médiocrités.

Surtout ne pas simplement « aimer », « servir », « encourager », « aider », « soutenir » ou « suivre » son conjoint mais plutôt le « recadrer », le « remettre à sa place », le « surveiller », le « dénigrer » et le « moquer » (gentiment bien sûr ! la modernité n'est peuplée que de « gentils » !), pour bien montrer « qu'on n'est pas dupe ! » et « qu'on ne se laisse pas faire » ni « avoir ».

Les unions désacralisées étant devenues de vulgaires contrats de type néo-libéral, il est normal, au fond, que les relations qui les sous-tendent soient réduites aux pathétiques gesticulations d'un acheteur d'occasion qui, apeuré à l'idée de passer pour un naïf ou un gogo, expose lui-même, pour s'en gausser avant les autres, les défauts et dysfonctionnements de l'objet de son choix.

 

JesusFranco
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lunedì, 14 aprile 2008, ore 23:10

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lunedì, 14 aprile 2008, ore 23:05

 

« La Justice et la Miséricorde sont identiques et consubstantielles dans leur absolu. Voilà ce que ne veulent entendre ni les sentimentaux ni les fanatiques. Une doctrine qui propose l’amour de Dieu pour fin suprême a surtout besoin d’être virile, sous peine de sanctionner toutes les illusions de l’amour-propre ou de l’amour charnel. Il est trop facile d’émasculer les âmes en ne leur enseignant que le précepte de chérir ses frères, au mépris de tous les autres préceptes qu’on leur cacherait. On obtient de la sorte, une religion molasse et poisseuse, plus redoutable par ses effets que le nihilisme même.

Or, l’Evangile a des menaces et des conclusions terribles. Jésus, en vingt endroits, lance l’anathème, non sur des choses, mais sur des hommes qu’il désigne avec une effrayante précision. Il n’en donne pas moins sa vie pour tous, mais après nous avoir laissé la consigne de parler « sur les toits », comme il a parlé lui-même. C’est l’unique modèle et les chrétiens n’ont pas mieux à faire que de pratiquer ses exemples. Que penseriez-vous de la charité d’un homme qui laisserait empoisonner ses frères, de peur de ruiner, en les avertissant, la considération de l’empoisonneur ? Moi, je dis qu’à ce point de vue la charité consiste à vociférer et que le véritable amour doit être implacable. Mais cela suppose une virilité, si défunte aujourd’hui, qu’on ne peut même plus prononcer son nom sans attenter à la pudeur…

Je n’ai pas qualité pour juger, dit-on, ni pour punir. Dois-je inférer de ce bas sophisme, dont je connais la perfidie, que je n’ai pas même qualité pour voir, et qu’il m’est interdit de lever le bras sur cet incendiaire qui, plein de confiance en ma fraternelle inertie, va, sous mes yeux, allumer la mine qui détruira toute une cité ? Si les chrétiens n’avaient pas tant écouté les leçons de leurs ennemis mortels, ils sauraient que rien n’est plus juste que la miséricorde parce que rien n’est plus miséricordieux que la justice, et leurs pensées s’ajusteraient à ces notions élémentaires.

Le Christ a déclaré « bienheureux » ceux qui sont affamés et assoiffés de justice, et le monde, qui veut s’amuser, mais qui déteste la Béatitude, a rejeté cette affirmation. Qui donc parlera pour les muets, pour les opprimés et les faibles, si ceux-là se taisent, qui furent investis de la Parole ? ».

Léon BLOY, Le désespéré, (1887), Paris, Club des libraires de France, 1955, p. 278-279.

 

JesusFranco
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lunedì, 14 aprile 2008, ore 23:03

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