




Zentropa
La pluie mêlée de cristaux de glaçe criblait les vitres qui résonnaient d'un cliquetis entêtant.
Bernard avait décollé son front du carreau gelé et son observation attentive de la cours déserte avait été interrompue par les frissons qui lui parcouraient tout le corps. Sans doute étaient-ce également eux qui étaient responsables des deux grosses larmes qui cheminaient lentement le long des crevasses de son épais visage de paysan auvergnat digne de figurer en bonne place dans un de ces livres sur les « métiers du passé » qui avaient tant de succès dans les librairies parisiennes.
Noël approchait, ses filles allaient bientôt arriver pour le repas familial annuel.
Elle se féliciteraient une fois encore de la beauté triste de la ferme et interrogeraient, au détour discret d'une conversation, la valeur que pouvaient bien avoir aujourd'hui ces vieilles bâtisses « pleines de charme » et les terres agricoles qui dépendaient d'elles.
Ses gendres vanteraient le merveilleux calme de la campagne, pataugeraient quelques heures dans la neige boueuse pour « respirer le bon air », puis retourneraient aux délices de leurs ordinateurs portables.
Tous lui feraient la promotion de ces luxueuses maisons de retraite « haut standing » où il échapperait si agréablement à la solitude. Il était curieux de voir à quel point ces gens dont pas un n'habitait à moins de 300 kilomètres de lui s'inquiétaient de sa supposée future solitude.
Agathe, sa cadette, avait acheté un « mas à retaper » en provence car elle « adorait bricoler ». Bernard eut un pauvre sourire en observant la porte de la grange totalement dégondée et le toit à moitié effondré de la bergerie…
Il est vrai que la pluie qui s'engouffrait ne gênait plus personne puisqu'il venait de vendre ses dernières bêtes. Les bêtes, c'est trop d'entretien… et puis il n'avait pas bien compris la dernière directive européenne dont dépendait pourtant la survie de son exploitation puisque près de 50 pour cent de son revenu étaient assurés par des subventions communautaires. Déjà badgées aux deux oreilles dès la naissance, ses brebis devaient être encore « davantage traçables ». Il avait renoncé.
Une grande fatigue l'écrasa soudain sur le divan du salon.
L'une de ses filles pourtant, la plus fragile comme il se doit, avait exprimé autrefois le désir de reprendre la ferme. Les mesquineries du voisinage, les avances pressantes et intéressées des paysans avides d'accroître leur patrimoine –dernière passion à leur portée- et le harcèlement administratif l'avaient rapidement découragée. Il la comprenait fort bien. Trop bien.
Il eut alors un long et appuyé regard sur le vieux fusil de chasse qui barrait le mur de pierres au dessus de la cheminée.
Mais, un peu plus loin, le crucifix poussièreux suspendu à un vieux clou sembla immédiatement lui reprocher cette tentation.
Après Noël, peut-être…






"L’automatisme n’est en soi qu’une déviation technique, mais il ouvre sur l’univers entier du délire fonctionnel. Autrement dit, tout le champ des objets fabriqués où joue la complication irrationnelle, l’obsession du détail.
Si nous soumettons les objets qui nous entourent à cette interrogation : qu’est-ce qui est structurel en eux, qu’est-ce qui est astructurel ? qu’est-ce qui est technique en eux, qu’est-ce qui est accessoire, gadget, indice formel, nous nous apercevrons que nous vivons en plein milieu néo-technique, dans une ambiance très largement rhétorique et allégorique.
A ce niveau, l’équilibre technique de l’objet est rompu : trop de fonctions accessoires se développent où l’objet n’obéit plus qu’à la nécessité de fonctionner, à la superstition fonctionnelle : pour n’importe quelle opération, il y a, il doit y avoir un objet possible : s’il n’existe pas, il faut l’inventer. C’est toute la bricole du concours Lépine qui, sans jamais innover et par simple combinatoire de stéréotypes techniques, met au point des objets d’une fonction extraordinairement spécifiée et parfaitement inutile. La fonction visée est si précise qu’elle ne peut être qu’un prétexte : en fait ces objets sont subjectivement fonctionnels, c'est-à-dire obsessionnels. Et la démarche inverse, « esthétique », qui omet la fonction pour exalter la beauté du mécanisme pur, revient au même. Car, pour l’inventeur du concours Lépine, le fait d’arriver à décapsuler des œufs par utilisation de l’énergie solaire, ou tel autre aboutissement dérisoire n’est qu’un alibi à la manipulation et à la contemplation obsessionnelles.
Du bricolage dominical au super gadget à la James Bond se déploie tout le musée de l’accessoire miraculeux pour aboutir au gigantesque effort industriel de production d’objets et de gadgets, de machins quotidiens qui ne le cèdent en rien dans leur spécialisation maniaque à la bonne vieille imagination baroque des bricoleurs. Car que dire des machines à laver la vaisselle par ultrasons qui décollent la crasse sans qu’on y touche, du grille-pain qui permet d’obtenir neuf degrés différents de brunissage et de la cuillère mécanique à agiter les cocktails ? Ce qui était jadis qu’excentricité charmante et névrose individuelle devient, au stade sériel et industriel, une déstructuration quotidienne et incessante de l’esprit affolé ou exalté par les détails. "
Ecrit en 1968 par Jean BAUDRILLARD, Le système des objets, Paris, Gallimard, 159-162


Tuons le Clair de Lune du 9 décembre 2007 sur Radio Bandiera Nera. (1:12:02)
[cc] RadioBanderaNera Francophone, 2007, Ecoutez les émissions en direct sur [http://www.radiobandieranera.org/]

"La liberté a toujours été odieuse à tous les dogmatistes, à tous les intellectualistes, à tous ceux qui rêvent d'enfermer la société dans des cadres figés et qui ne tolèrent d'autre liberté que celle du bien – le bien décrété par leur "despotisme éclairé". Tous ces gens, fanatiques d'unité, supportent mal l'inévitable variété des êtres et des choses; ils voudraient tout résorber dans l'Un. Pourquoi, en effet, des patries? Pourquoi des langues diverses? Pourquoi des classes? Pourquoi des sexes? Pourquoi pas une seule humanité, une seule langue, un seul sexe, une association unique, sans guerres, sans antagonismes,sans luttes, dans la bienheureuse paix d'une idylle éternelle? Tout devrait être interchangeable, les races, les patries, les classes, les sexes. Mais voilà, il y a la liberté, c'est-à-dire la capacité à inventer du nouveau, de frayer hors des chemins battus, d'ouvrir de nouveaux horizons, d'errer aussi, de tomber, de trébucher, comme de monter et de marcher droit. Si nous ne parlons pas tous encore espéranto, c'est que nous sommes, malheureusement, des êtres libres, et qu'étant libres, il nous faut ces langues diverses où s'exprime la diversité de nos âmes nationales. Si nous ne formons pas encore une seule humanité, c'est encore et toujours parce que nous sommes libres et que les patries, comme les a très bien définies Georges Valois, ce sont "les formes diverses de l'expérience humaine". Si nous ne voulons pas nous laisser absorber tous par l'Etat, c'est encore et toujours parce que nous sommes libres, et qu'étant libres, nous formons des classes diverses invincibles à l'uniformité étatique. Si même il y a deux sexes, et si cette dualité est invincible à tous les féminismes du monde, c'est encore que nous sommes libres et que la diversité sexuelle était nécessaire à la formation du couple conjugal, organe de la Justice. Donc, partout et toujours, la liberté, "ce grand Juge et ce souverain Arbitre des destinées humaines", comme l'apelle Proudhon"
Edouard Berth, "Les méfaits des intellectuels"

Le Selous Scouts était le nom donné au régiment des forces spéciales de l’armée de Rhodésie, actuel Zimbabwe, qui a opéré de 1973 jusqu’à l’indépendance du pays en 1980. Il tirait son nom de l’explorateur Frederick Courteney Selous (1851-1917) et avait comme devise “pamwe chete” qui signifie en shona, dialecte principal du pays, “Tous ensemble” ou “Seulement
Ensemble” ou “A Jamais ensemble”. Leur charte était : “L’élimination clandestine des terroristes et du terrorisme tant a l’intérieur du pays que de façon officieuse”.
La période durant laquelle le Selous Scouts a existé est connue sous les noms de la “guerre de broussaille rhodésienne” ou “le deuxieme Chimurenga” (chimurenga signifiant combat en shona).
A cette période, la guerre civile opposait les guerrillas nationalistes noires (ZANLA/ZANU et ZIPRA/ZAPU) et le gouvernement minoritaire blanc de Ian Smith. Contrairement a la Rhodesian Light Infantry et a la Rhodesian Special Air Service (SAS), le Selous Scouts était un régiment mixte blanc et noir, incluant de nombreux gradés africains.
Le régiment a été proposé par des membres de la British South Africa Police Special Branch, et beaucoup de ses premières recrues étaient des policiers.
Le Selous Scouts diffère de C Squadron 22 (SAS), dans la mesure où il a été formé spécifiquement à prendre part à des opérations de suivis et d’infiltration dans lequel les soldats se prétendent être des guérilleros.
Ces tactiques ont été utilisés avec beaucoup de succès dans le soulèvement des Mau Mau.
Les membres du Selous Scouts étaient recrutés aussi parmi les forces ennemies. Aux ennemis capturés était donné le choix entre la prison, et souvent la mort ou rejoindre le régiment Selous Scouts. Afin d’empêcher l’armée régulière ou la police de tirer sur le régiment en opération, les autorités déclaraient la zone comme “gelée”. L’armée et les unités de la police recevaient alors l’ordre de cesser temporairement toutes leurs opérations, et de se retirer de ces zones.
Suite à la dissolution du régiment en 1980, un grand nombre de ses soldats rejoindra les South African Defence Force. Pour les autres, le régiment Selous Scouts sera rebaptise 1st Zimbabwe Parachute Battalion et sera incorporé a l’armée reguliere du Zimbabwe.

Le t-shirt de l’association est disponible. (Colori sable ou azur)
Son prix est de 12 € (+ 3 € de port éventuel) pour les adhérents, auprès du bureau.
Il est de 15 € (+ 3 € de port ) pour les non-adhérents auprès du distributeur :
Geri & Freki
4 faubourg St-Georges
84350 Courthézon
http://www.geri-freki.com