venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:50

JesusFranco
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venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:41

 

Il y eut les gyrovagues qui changeaient de couvent tous les deux ou trois jours, les paissants qui s’alimentaient de l’herbe des champs, les reclus consignés dans une cellule, les stationnaires qui s’interdisaient de bouger, les acémètes qui se relayaient pour une prière perpétuelle, les sarabïtes qui vivaient à deux ou trois sans règles ni supérieur. Puis il y eut les stylites. Ce sont Lazare, Daniel, Paul de Latrois et, le plus célèbre, Siméon. Ils avaient décidés de vivre entre ciel et terre, sur un portique en ruine, une corniche, un rocher isolé. Souvent ils construisaient eux-mêmes leur colonne, de plus en plus élevée. Ils y subissaient la pluie, la neige, la foudre, le soleil et les privations nombreuses, les prostrations de toutes sortes. Cette vie exceptionnelle fascinait les populations. Le stylite attirait les masses, prêchait, priait, guérissait les maladies, donnait la foi aux mécréantes, recevait évêques et princes.

Successeur de Siméon le stylite, Daniel est un célèbre saint dont l’exemple d’ascétisme influença profondément son temps. Fils de parents chrétiens de Mésopotamie, Daniel entra dans un monastère proche à l’âge de douze ans. Il y resta trente ans. Alors qu’il accompagnait son abbé à Antioche, ils rendirent visite à Siméon le Stylite, ainsi appelé parce qu’il restait perché sur un pilier à Telasinos, et Daniel en fut impressionné. Quand l’abbé mourut peu après, Daniel refusa de lui succéder et partit revoir Siméon. Il resta deux semaines sur la plate-forme à ses cotés afin de recevoir son enseignement.

Daniel continua de voyager. Il avait l’intention d’effectuer un pèlerinage en Terre Sainte mais en fut empêché par l’agitation politique dans la région. Il devint ermite à l’Anaple, près de Constantinople. Il vécut neuf ans dans un temple abandonné, peuplé, disait-on, d’esprits démoniaques. Le seul lien de Daniel avec le monde passait par une petite fenêtre et on raconte qu’il était tourmenté par d’horribles démons à l’intérieur du temple. La guérison du patriarche Anatole, souffrant d’une longue et grave maladie, fut attribué à ses prières, et il commença à devenir célèbre.

Quand Siméon le stylite mourut en 459, Daniel hérita de sa robe et de son mode de vie. Il vécut sur une série de piliers durant les trente-trois années qui suivirent. Le premier qu’il construisait lui-même, juste à l’extérieur de Constantinople, lui donnait une mauvaise protection contre les éléments et l’empereur intervint pour lui fournir une plate forme bâtie sur deux piliers avec une balustrade et un abri. Daniel refusa de descendre, même pour son ordination : l’archevêque conduisit le service à la base du pilier et monta l’échelle pour donner la communion au nouveau prêtre.

Il devint célèbre pour sa sagesse, ses guérisons miraculeuses et ses prophéties (il prédit un grand incendie à Constantinople en 465). L’enseignement de Daniel était simple et pratique : il encourageait ses auditeurs à s’aimer Dieu, à s’aimer les uns les autres, à s’occuper des pauvres et à éviter le excès, surtout le jeu et la débauche. Daniel descendit une seule fois de son pilier pour blâmer Basilique d’avoir usurpé la place de l’empereur Zénon. On dut alors le porter dans une chaise car il était incapable de marcher. Pourtant Basilique refusa de lui accorder une audience. Zénon revint au pouvoir peu de temps après et vint remercier son vieil allié.

Le patriarche Euphème monta sur le pilier pour lui donner le viatique. Le corps du saint fut finalement descendu, tordu et hirsute, et enterré au pied de son pilier. 

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venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:37

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venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:28



« Cousteau - L’Amérique a mis le doigt dans un drôle d’engrenage. La voilà lancée à plein dans la Weltpolitik… Impossible de savoir comment cette entreprise se terminera. Ça se terminera peut-être très bien, par l’établissement sur cette planète d’une sorte de pax americana, à base de Coca-Cola, de bulletins de vote et de télévision. Ou ça se terminera très mal par un étripage général et des effondrements de gratte-ciel. Je n’en sais rien. Et je ne me risque plus à faire aucune prévision. Les chances sont pourtant pour le grand bordel, parce que l’URSS ne cédera pas aux bonnes paroles et que tant que l’URSS existera, l’hégémonie américaine ne sera pas complète… »

Pierre-Antoine Cousteau et Lucien Rebatet, Dialogue de vaincus, 1950

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venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:22

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venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:21

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venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:20

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venerdì, 16 maggio 2008, ore 12:10

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giovedì, 15 maggio 2008, ore 19:11

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giovedì, 15 maggio 2008, ore 19:05

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giovedì, 15 maggio 2008, ore 18:59

 

Johan Barthold Jongkind, peintre paysagiste hollandais vécut principalement en France où il fut très estimé de ses pairs et du public.  Connu comme "le peintre de Honfleur et des rues de Paris", Manet l'appelait "le père du paysage moderne", et les jeunes peintres, au premier rang desquels Monet, un temps son élève, furent séduits par son audace et ses natures qui annonçaient dès 1860 l'impressionnisme.

C'est dire toute l'importance au regard de l'histoire de l'Impressionnisme de Jongkind, et l'étonnant itinéraire de ce peintre arrivé en France en 1846, à la demande d'Eugène Isabey, après avoir reçu dans son pays natal une solide et traditionnelle formation de paysagiste hollandais. Indépendamment de son caractère propre, l'oeuvre de Jongkind se situe, comme un trait d'union entre les oeuvres de Corot et de Monet, annonciatrice de la vague impressionniste de la fin du XIXème siècle.

Jongkind arrive à paris en mars 1846 lesté d'un héritage encombrant de paysagiste postromantique hollandais. Il va travailler dans l'atelier d'Isabey, et étudier dans l'atelier de Picot. Il prendra également contact avec de nombreux peintres, en particulier ceux de l'Ecole de Barbizon.   Alors qu'on aurait pu s'attendre à ce qu'il peigne le Paris triomphant et monumental, celui des vastes horizons, Jongkind va porter un regard neuf sur Paris et s'attacher à peindre des moments de Paris pris sur le vif, des vues rapprochées, des tranches de ville coupées net, avec un langage nouveau, une recherche et une rare maîtrise de la luminosité.

Le peintre fuit les foules, et préfère saisir le quotidien sur le fait, peignant un Paris réaliste comme dans "Le Pont Royal vu du Quai d'Orsay et la machine à guinder" (1852), ou "Notre-Dame de Paris vue du quai de la Tournelle" (1852) et "Le Pont de l'Estacade" (1853).  Jongkind ne rend pas seulement un paysage, il donne vie à des scènes quotidiennes qu'il a observées, ici le déchargement d'une péniche à quai.

Il préfère s'intéresser à la modernité industrielle (la machine à guinder) et urbaine (le récent Palais d'orsay ) de Paris, plutôt qu'à l'image glorieuse ou touristique de la capitale. On retrouve là le naturalisme de Jongkind, mais teinté d'une lumière nouvelle qui contraste avec la lourdeur hollandaise de ses débuts.  La guerre de 1870 poussera Jongkind et Mme Fesser loin de Paris à Nantes puis à Nevers.

Jongkind est un travailleur solitaire qui déserte les salons et les mondanités. Il n'a pas non plus l'âme d'un chef d'école.  Ayant espéré obtenir une médaille au Salon de 1873 avec "Clair de lune à Rotterdam", son tableau fut refusé et il en fut très dépité et décida de ne plus y exposer.  L'année suivante, il refusera également de prendre part à la 1ère Exposition des Impressionnistes.

Peut-être faut-t-il voir dans cette décision la raison pour laquelle, alors qu'il faisait l'admiration unanime des futurs impressionnistes, il ne connaîtra pas une gloire égale à la leur.  Petit à petit, il se fera de plus en plus discret à Paris, se fixant en 1878 dans la maison que le fils de Mme Fesser achète à la Côte-Saint-André, un petit village du Dauphiné près de Grenoble, où il mènera une existence paisible jusqu'à la fin de ses jours, sauf pour quelques voyages en Provence et chaque hiver à Paris pour travailler.

 

 

JesusFranco
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giovedì, 15 maggio 2008, ore 15:19

 

Zentropa

Lorsque, arrachant leurs yeux du sol poudreux et caillouteux qui martyrise pieds et chaussures, les pèlerins lèvent les yeux vers ce ciel qu'ils louent depuis l'aube, ils y puisent immédiatement un nouveau souffle d'énergie qui relance tant bien que mal la mécanique de leurs corps épuisés et les entraîne un peu plus loin sur cet incroyable chemin de Chartres, artère vitale et bouillonnante du catholicisme invaincu.

L'immense plaine de la Beauce s'ouvre devant eux. Croix et bannières sont les seuls sommets. Le soleil écrasant assèche les bouches mais n'endigue pas la litanie des chants et des prières qui enveloppe chaque marcheur dans la contemplation de son âme.

Bien sûr, un œil aiguisé, habitué à nourrir un verbe acerbe et sarcastique, trouverait aisément au sein de cette multitude une riche matière à persiflages et savoureuses descriptions psycho-sociologiques, mais toutes les ridiculités et les petits grotesques qui parsèment l'immense cortège sont si sublimement transcendés par la ferveur et le don de soi que les exhiber et s'en repaître serait une bassesse, voir une trahison.

Le ruban humain se déroule. A l'infini semble-t-il.

Les passages dans villages et hameaux suscitent regards curieux et perplexes. Des extra-terrestres ne feraient pas différente impression… D'ailleurs c'est un peu ce qu'ils sont, ces marcheurs de la foi… Au-delà de la terre et de sa triste pesanteur, bien au-delà… gigantesque et fort bien élevé bras d'honneur à la modernité et à l'effroyable sécheresse de son utilitarisme et de son matérialisme mortifère.

Sans doute, une fois passés ces trois jours de louanges et d'offrandes, retomberont-ils dans les mesquineries et petitesses de leur condition de comptables, de banquiers ou de marchands, mais cette expérience n'est pas pour autant une simple parenthèse.

Elle est le symbole d'un éternel possible.

JesusFranco
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giovedì, 15 maggio 2008, ore 12:33

JesusFranco
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giovedì, 15 maggio 2008, ore 12:25

Zentropa



La "Detente Bala" é uno stemma che veniva cucito sulle uniformi dei soldati spagnoli a partire dal diciannovesimo secolo. Fu mantenuto dai nazionalisti, in particolare dalla falange e nei carlisti durante la guerra civile. Letteralmente "Detente Bala" significa "Ferma i proiettili".

In genere, sullo stemma erano ricamati un Sacro Cuore e una preghiera rivolta a Cristo. Serviva a proteggere i soldati dai proiettili. I "Detente Bala" erano di fattura artigianale, ne esistono quindi vari modelli.

L'origine dei "Detente Bala" non é molto chiara. Secondo alcune fonti, é per ricordare i vandeani e come simbolo della contro rivoluzione che i carlisti cominciarono a sfoggiare i Sacro Cuore sulle loro uniformi nel diciannovesimo secolo.

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giovedì, 15 maggio 2008, ore 12:16

JesusFranco
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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 22:27

Nella puntata di domani affronteremo una delle piu' creative tecniche di guerrilla avente il doppio scopo di sconfiggere il disagio urbanistico e di coltivare vegetali di prima necessita'. Armati di zappetta, rastrello e semi o fiori, ripuliremo la citta' e con la creazione di orti di quartiere potremo sfuggire (almeno in parte) alla mafia delle grandi distribuzioni e dare da mangiare ai meno fortunati.

Daje!

JesusFranco
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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 19:55

JesusFranco
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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 19:49

JesusFranco
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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 14:50

Zentropa

“(…)I partiti politici specializzati nella denuncia anti-immigratoria non sono nient’altro che partiti demagogici piccolo-borghesi, che cercano di capitalizzare sulle paure e sulle miserie del mondo attuale praticando la politica del capro espiatorio.
L’esperienza storica ci ha mostrato verso cosa conducono tali flautisti!
Bisogna adesso distinguere l’immigrazione e gli immigrati. L’immigrazione é un fenomeno negativo, in quanto é lei stessa il frutto della miseria e della necessità, e i seri problemi che pone sono ben conosciuti. E’ quindi necessario cercare, se non di sopprimerla, almeno di rimuovere il carattere troppo rapido e troppo massiccio che la caratterizza attualmente.
E’ chiaramente evidente che non risolveremo i problemi del Terzo mondo invitando i suoi popoli a venire ad installarsi in massa nei paesi occidentali! Nello stesso tempo, bisogna avere uno sguardo piu’ globale dei problemi. Credere che é l’immigrazione a minacciare principalmente l’identità collettiva del paese d’accoglienza é un errore.
Cio’ che minaccia le identità collettiva, é inanzitutto il tipo di esistenza che prevale oggi nei paesi occidentali e che rischia di estendersi progressivamente al mondo intero. Non é colpa degli immigrati se gli Europei non sono piu’ capaci di dare al mondo l’esempio di un modo di vita che sia loro!
L’immigrazione, da questo punto di vista, é una conseguenza prima di essere un causa : costituisce un problema perché, di fronte a degli immigrati che hanno spesso saputo conservare le loro tradizioni, gli Occidentali hanno già scelto di rinunciare alle loro. L’americanizzazione del mondo, l’omogeneità dei modi di produzione e di consumazione, i regno della merce, l’estensione del mercato planetario, l’erosione sistematica delle culture sotto l’effetto della mondializzazione mettono in pericolo l’identità dei popoli molto di piu’ dell’immigrazione.(…)”

Alain de Benoist, C’est-à-dire, Les Amis d’Alain de Benoist, 2006.

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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 14:42

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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 14:28

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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 14:27

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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 14:22

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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 14:22


 
Le rappel de Mai 68 fait remonter à ma mémoire d'autres mois de mai.

Mai 40. Mon père s'évanouit en apprenant les nouvelles terribles de l'avancée allemande. Les premiers réfugiés arrivent. La valse des voitures officielles commence. Le gouvernement se replie sur Bordeaux. C'est l'affolement. Le monde de nos parents s'effondre. Tout ce qui paraissait établi, solide, solennel, respectueux, implose en quelques semaines. Nous avons dix-huit ans et nous apprenons que le pouvoir est mortel et que les puissants sont fragiles !

Mai 45. Dans une baraque d'un camp de concentration, j'agonise parmi les cadavres. Une villageoise allemande entre, puis recule devant le spectacle du charnier. Des insultes l'accueillent. Elle me regarde avec pitié et peut-être une forme d'amour. Je sombre dans le coma. Trois semaines plus tard, je suis autorisé à sortir de l'hôpital pour la première fois. La ville de Magdebourg est défoncée par les bombardements. Cauchemar, étonnement… Sur notre convoi de mille déportés, nous sommes une poignée de rescapés. Où sont les mois de mai de notre enfance, insouciants et gorgés de sève ? Nous avons vingt ans et nous portons déjà trop de morts.

Mai 54. Avec mes camarades, nous suivons avec douleur et colère la chute de Diên Biên Phu. Derrière chaque article, nous voyons un visage, un ami, des souvenirs de parachutage ou d'embuscades à la frontière de la Chine. Je reviens au Tonkin. L'avion atterrit à Hanoï, le temps d'une escale. Je dois prendre le commandement de ce qui reste du 1er BEP. Je marche une soirée et une nuit dans cette ville tant aimée, suspendue entre deux mondes, plus belle encore que dans mon souvenir. C'est la nuit du Vietnam, envoûtante, bruissante, faite de frôlements et de chants murmurés. Une part de nous-mêmes restera là, toujours, je le sais.

Mai 58. Dans le palais du gouverneur à Alger mis à sac par les insurgés, je vois mon patron, le général Massu tenter de contenir la foule. La passion est palpable. La IVe République est à bout de souffle. L'armée est prise dans un terrible engrenage. Je suis inquiet. Le 16 mai, encouragée par les militaires, une manifestation de musulmans s'avance vers le Forum. Des pieds-noirs les attendent. Lorsque les deux cortèges se rencontrent, des clameurs s'élèvent, des accolades sont rendues. Les martinets volent haut dans le ciel pur d'Alger. Je pleure de bonheur. La Résistance, la déportation, trois séjours en Indochine, l'Algérie, Suez… Les épreuves de notre génération semblent soudain justifiées.

Mai 61. Dans une cellule de la prison de la Santé, je prépare mon procès. Lors du putsch d'Alger, j'ai suivi le général Challe et je suis devenu un officier rebelle. Dans les jours suivants, je peux être fusillé ou lourdement condamné. Je ne cesse de faire et refaire l'engrenage des événements, des rencontres et des engagements imbriqués qui m'ont conduit entre ces murs. Alors j'écris, je lis, je fixe des heures durant le mur lépreux, je pense à ces hommes que j'ai entraînés dans la révolte. C'est un mois de mai lourd et sombre. La beauté et le ciel appartiennent à d'autres.

Mai 68. Responsable du personnel de plusieurs usines dans la région lyonnaise, je porte un costume civil après cinq ans et demi de détention criminelle. L'usine est en grève. Comme à Alger dix ans plus tôt, l'esprit de révolution souffle sur les hommes. J'en connais les dangers et les illusions. Mais je comprends en partie cette jeunesse qui porte l'espérance d'un monde meilleur.

Les mois de mai se confondent désormais dans ma mémoire. Comme tous ceux qui ont eu vingt ans, il y a si longtemps, je vois chaque année à cette époque renaître les souvenirs entremêlés. Des ombres nous accompagnent : espérances fracassées, camarades oubliés, engagements incompris, souffrance du corps usé. Mais le chant du monde est là, étranger à la lâcheté et à la cruauté des hommes. La beauté est fragile et mystérieuse. Des enfants passent dans la rue, courent dans le jardin. Tout leur est offert. Qu'en restera-t-il ? Tout nous a été donné. Qu'en reste-t-il ? Peut-être simplement le besoin de la contemplation. C'est l'éblouissement et l'espérance des derniers mois de mai.

Hélie de Saint-Marc . Le Figaro (Mai 2008).

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mercoledì, 14 maggio 2008, ore 14:16

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martedì, 13 maggio 2008, ore 23:57

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martedì, 13 maggio 2008, ore 23:57

 

"Tout ce qui tend à entraver la différenciation des sexes est mauvais et nuisible à la civilisation, contraire à l'esthétique générale de la vie. Plus l'homme et la femme sont différents d'esprit, de goûts, de désirs, de besoins, plus leur rapprochement est harmonieux, plus leur union est solide et complète. Pour que deux êtres puissent vivre heureusement ensemble, il faut que la disparité soit portée à la limite. Sans étonnement, il n'y a pas d'amour ; il faudrait que l'homme et la femme fussent l'un pour l'autre une surprise perpétuelle."

Rémy de Gourmont, Épilogues.

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martedì, 13 maggio 2008, ore 23:51

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martedì, 13 maggio 2008, ore 23:49

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martedì, 13 maggio 2008, ore 12:40

 

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